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Emploi : les maux de l’emploi et les mots pour dire l’emploi

 

Les mots pour dire l'emploi
Source image : laviesimplement.fr-Lvsimplement

 

Pluriels sont les maux de l’emploi et les mots pour le dire sont multiples face à des réalités parfois diverses.

L’ emploi en tant que travail rémunéré fait partie intégrante de nos vies et en détermine même les contours pour une majorité d’entre-nous.

 

 Travail : de la contrainte au travail valeur centrale

 

L’Histoire est marquée par le rejet traditionnel du travail comme en démontre l’étymologie. Étymologiquement, c’est une vision négative du travail. Le mot travail vient du latin tripallium qui désigne un instrument de torture à trois dents. L’assimilation à la douleur est également faite avec labor qui signifie le labeur, la fatigue.

Si jusqu’à la période moderne, on distinguait au sein de la société les personnes contraintes au travail de celles qui pouvaient s’en dispenser, la période moderne en a fait une valeur centrale. Le travail occupe une place centrale.

Dans le discours des lumières, le travail est un moyen d’accès au bonheur humain. Le libéralisme va venir renforcer la place centrale du travail.

Cependant, aujourd’hui peut-on dire que l’emploi, travail rémunéré est une source de bonheur ou un instrument de torture?

Pin's avec inscriptions Work sucks

Source image : site Flickr.com- Michelhrv

Du bonheur humain à la peur pour l’emploi

 

Le mot emploi, qui traduit une certaine vision de la société souffre de nombreux maux.

Le bonheur dans le travail, au travail, par le travail est une chose désormais relative. Le travail, une contrainte reste une réalité et la peur est le mot qui rime désormais avec emploi.

Peur face à un accès au travail de plus en plus difficile.  Peur de ne pas pouvoir accéder à un emploi malgré la mise en place de règles. Règles qui ont perdu de leur sens et font perdre au travail son sens, du sens.

Un accès rendu difficile car l’accès à l’emploi résiste au mérite. Le capital humain accumulé n’est pas ou plus une garantie suffisante d’accès au marche du travail. Les compétences cèdent leurs places devant les relations, le réseau.

Il faut être diplômé mais aussi avoir de l’expérience et de bonnes relations. L’ ancienneté au travail, dans le travail, doit préexister fermant ainsi, dans la plupart des cas la porte à la capacité, la volonté et l’envie d’y arriver. Une maladie de l’emploi notamment l’emploi jeune dont les emplois d’avenir et les emplois aidés n’arrivent pas à en guérir les symptômes encore moins à soigner le mal en profondeur.

Justice, égalité, égalité de chance imprègnent l’univers de l’emploi, deviennent des mots pour l’emploi, de l’emploi pour les maux du travail.

Un accès rendu difficile par ce que l’on appelle le chômage. Économiquement, l’emploi c’est le rapport entre le nombre de personnes actives dans une profession, un pays et la population totale de cette profession, de ce pays. Cela se traduit souvent par les chiffres du chômage.

Chômage, phénomène de masse à partir des années 1970 (1974). Le premier choc pétrolier a éteint le rêve du plein emploi à temps plein pour tous. C’est à une remise en cause au plan collectif du travail auquel on assiste. 

Chômage, ce  mot est la conséquence d’autres maux de l’emploi:  les inégalités qui règne dans les situations de chômage. Les jeunes, les femmes, les seniors étant les plus touchés.

L’accès à l’emploi c’est aussi la précarisation de segments importants de la population active avec un nombre important de travailleurs pauvres. Pauvreté du travail et travail pauvre sont le quotidien de millions de personnes qui voyagent entre contrats à durée déterminée, intérim, contrats saisonniers…

Un accès à l’emploi rendu plus difficile quand la flexibilité est devenue le mot d’ordre dans l’emploi et à l’emploi et fait des réseaux une source de différenciation.

Un accès à l’emploi qui peut rimer avec stigmatisation, celle des demandeurs d’emploi soumis à un accompagnement personnalisé.

Un accès à l’emploi limité “en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques…”. Le Handicap est un mot souvent employé, mais jamais pleinement utilisé pour mettre fin à un des maux de l’emploi : l’accessibilité à l’emploi des personnes en situation de handicap, et ce malgré la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Une loi incapable de guérir les maux qui touchent l’accessibilité des personnes en situation de handicap.

 

Pancarte avec inscriptions Intérimaires sans papiers en grève
Source image : site Flickr.com – Petit_louis

 Un bonheur cédant la place à la peur au travail et du travail

 

Peur de cette responsabilisation de plus en plus accrue de l’employé dont le mot est : l’individualisation. Gestion individuelle, voire personnelle  des salariés axée sur l’évaluation des compétences intégrant connaissances, diplômes, mais aussi savoir-être lié à des aptitudes comportementales et des capacités d’adaptation.

Il en ressort un des maux de l’emploi, celui du “travail sans fin”. La durée, le lieu de travail n’ont plus de frontières pour certaines personnes. Il n’y a plus de lieu de travail emblématique. Les nouvelles formes de travail rendent le travail diffus. “La fatigue d’être soi” dont parle Alain Ehrenberg n’est jamais loin face à ce qu’il qualifie de  “Culte de la performance” qui envahit la société. Les mots stress, dépression, suicide, burn-out entre autres, traduisent désormais mieux les maux du travail.

L’emploi est devenu moderne, mais cet emploi moderne est devenu une source d’inquiétude et de mal-être. Mal-être par cette demande d’être au maximum de ses capacités, de ses possibilités en permanence. Ce tout pour l’emploi, dans l’emploi et par l’emploi, mène non seulement à tous dopés pour l’emploi mais aussi à une “précarisation subjective” et ce même dans les emplois stables.

La peur domine face à la quête de solutions, de difficultés qui caractérisent le travail. La peur de ne pas être à la hauteur, peur de ses entretiens individuels devenant de véritables épreuves. On assiste ainsi à une remise en cause au plan individuel du travail. Le travail n’est plus une source de libération, de réalisation de soi. Il y a un arbitrage entre le travail et les loisirs. La réalisation de soi passe par d’autres activités telles que le sport, le bénévolat.

Dessin avec inscriptions emploi et travail en lettres séparées
Source image : laviesimplement.fr – Lvsimplement

 

Un travail en quête de sens pour une révolution à venir

 

Le sens du travail semble se perdre face à tous ces maux et face à la peur de “La fin du travail”. Fin du travail conséquence pour certains, du progrès technique qui réduit la demande de main d’œuvre, surtout celle peu qualifiée.

Mais, cette marche en avant peut-elle s’arrêter, et faire marche arrière au nom de l’emploi, du travail?

Le travail est ainsi “une valeur en voie de disparition” et “une révolution à venir” selon Dominique Méda. On imagine le travail de demain, au travers du partage du temps de travail. On image un monde sans travail avec un revenu universel.

En effet, en ce qui concerne le travail, il doit y avoir une révolution, mais quelle révolution? Une révolution générale ou individuelle?  

Avec la fin du travail c’est aussi une remise en cause des solidarités au sein de la société.

Durkheim dans “De La division du travail social”, distinguait travail mécanique, propre à la société de la tradition basé sur la similitude, la ressemblance, et symbolisé par la communauté, du travail organique, forme moderne de solidarité qui unit des personnes différentes mais complémentaires. Dans le travail moderne, la complémentarité, la spécialisation est source de lien social.

Au delà de la remise en cause du travail comme valeur centrale, l’emploi c’est avant tout des réalités diverses où certains ont une impression de bonheur, de joie, libération, de réalisation de soi,  alors que d’autres ont un sentiment d’exclusion, d’un monde fort, fort lointain. Il s’agit à la fois de travailler pour vivre et de vivre pour travailler. Un monde dans lequel le travail loisir, plaisir est une inconnue mais pas pour tout le monde. 

Quelques références pour ceux que ça intéresse :

La Fatigue d’être soi. Dépression et société d’Alain Ehrenberg

Le Culte de la performance  d’Alain Ehrenberg

La fin du travail de  Jérémy Rifkin

Le travail : Une valeur en voie de disparition ?   de Dominique Méda

Travail : Une révolution à venir de Dominique Méda

De la division du travail social de Durkheim

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« Avoir des amis c’est avoir du pouvoir » écrivait Hobbes

avoir-des-amis
Source image : site Flickr.com- mathias_poujol_rost

« Avoir des amis c’est avoir du pouvoir » écrivait Hobbes

Avez-vous du pouvoir ?


Le pouvoir est à la fois la possibilité d’entreprendre et la puissance d’agir. Avons-nous la possibilité d’entreprendre et la puissance d’agir au quotidien ?


Le pouvoir se situe donc entre l’aptitude et la sujétion. Ce mot fait partie du vocabulaire quotidien avec une pléthore d’utilisation (le pouvoir de l’amour, de l’argent, d’internet, le pouvoir politique, les pouvoirs publics…) qui sert tant à dénoncer qu’à souligner une absence pouvoir. Une absence de possibilité d’entreprendre, de puissance d’agir.


La création d’une entreprise peut par exemple se heurter à un manque de moyens. Au-delà du manque de moyens, il y a également une limite fonction des capacités d’agir de chacun.

Certains voudraient pouvoir mettre un terme aux guerres dans le monde, à la famine, ou tout simplement à l’échelle nationale avoir la puissance d’agir contre l’injustice. Cette puissance d’agir semble limitée à certains tandis que d’autres doivent non seulement lutter contre l’impossibilité d’entreprendre mais également  l’impuissance à agir.


Ainsi, avoir des amis peut-il aider et faire de nous des Hommes avec du pouvoir ?


L’amitié est la sociabilité naturelle. Au sens large, c’est l’ensemble des liens sociaux fondés sur la nécessité de vivre ensemble. L’amitié est donc naturelle. De fait l’homme ne peut se suffire à lui-même.


Toutefois, est-ce pour autant qu’avoir des ami(e)s c’est avoir du pouvoir ?


Si l’on prend le cas de certains réseaux sociaux d’internet. On peut avoir 100, 300, voire plus d’un million d’ami(e)s mais sans jamais rencontrer ceux-ci. C’est une relation qui demeure parfois fictive et par conséquent qui n’a pas d’impact sur notre vie de tous les jours. Cette relation ne confère donc pas de pouvoir à ce niveau.


En matière politique, de réseaux professionnels par exemple, l’amitié peut prendre tout son sens et aider à évoluer au sein d’un parti, d’un gouvernement ou tout simplement à trouver du travail. Dans ce cas avoir des amis c’est avoir du pouvoir. Avoir la possibilité d’entreprendre, la puissance d’agir.

Cela donne tout son sens à l’œuvre du Sociologue Bourdieu notamment : « Les Héritiers ». La nécessité d’avoir un patrimoine (biens, connaissances…) se pose avec acuité dans la vie de tous les jours.


Dans le cadre plus restreint de notre cercle d’ami(e)s, que l’on côtoie au quotidien, peut-on parler de pouvoir ?


La réponse se situe dans la typologie des amitiés. Par quoi les hommes s’attachent-ils les uns aux autres ? Par intérêt, par plaisir et « gratuitement ».


Si l’on s’attache gratuitement aux autres c’est bien évidemment que l’on ne veut pas tirer profit d’eux et qu’il n’est aucunement question de prime abord d’avoir du pouvoir. Il ne s’agit pas à travers eux d’avoir la possibilité d’entreprendre et la puissance d’agir. Il s’agit tout simplement du plaisir d’être avec eux.

Mais le monde est de nos jours basé sur un ensemble d’intérêts qui mettent à mal les amitiés sincères. Ces dernières sont la base de tout car en ayant des rapports désintéressés on finit toujours par avoir du pouvoir. Rendre service sans rien demander sera toujours récompensé d’une manière ou d’une autre. Certes pas dans tous les cas (ce sont les aléas de vie) mais il faut bien vivre et ce d’autant plus que c’est ce genre de rapport qui sert à l’épanouissement et qui donne un sens à la vie.


L’amitié étant fondée sur le partage, les ami(e)s se ressemblent et s’assemblent en toute égalité. Cela exclut l’amitié entre époux, parents et enfants en principe.


Au delà de tout cela, le véritable pouvoir ne repose t-il pas tout d’abord sur la confiance en soi,  sur le fait d’être bien avec soi ?

Ce n’est qu’à partir de ce moment là qu’avoir des amis peut être une source de pouvoir. On est à la base de tout. Cette possibilité d’agir, puissance d’agir dépend de la force qu’il y a à l’intérieur de chacun. Il est possible d’avoir beaucoup d’ami(e)s mais de demeurer sans pouvoir effectif.

Avant d’aller chercher le pouvoir chez les autres il faut réveiller celui qui sommeille. C’est lui qui donne tout son sens à la phrase de Hobbes.

Le pouvoir est donc un engagement dans la vie de tous les jours. S’il n’y a point d’engagement, il n’ y a point de pouvoir.

Combien ont réussi à bâtir des empires à partir de rien ? Combien ont réalisé leur rêve et ce même si tout était contre eux au départ (handicap par exemple).

Ce n’est pas le manque d’argent qui doit arrêter l’action, il y a toujours un moyen de s’en sortir (des aides par exemple de l’État). C’est en cela que la solidarité participe pleinement à activer le pouvoir de chacun. Certes trop de solidarité tue la solidarité. Comme on le dit il faut apprendre aux autres à nager mais pas leur donner du poisson. Ce n’est que dans ce cas là que le pouvoir de tout un chacun peut s’activer.


Être bien au quotidien c’est s’engager tous les jours. S’engager pour soi, pour les autres …Le bien-être se construit et s’acquiert par l’engagement. Il ne tombe pas du ciel.

Le pouvoir repose donc :

  • premièrement sur nous ;
  • et deuxièmement sur la qualité de nos relations amicales.

Alors avez-vous du pouvoir ?

 

Les définitions utilisées dans cet article sont tirées de :

 

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Internet et les droits fondamentaux

 

Internet est un média dans le sens où il permet la distribution, la diffusion et la communication de données. Ce dernier fait partie d’un ensemble plus large que sont les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

Internet étant une technique mais également une idéologie, il traduit l’utopie d’un accès pour tous à tout. Celui-ci fut créé à l’initiative du département de la défense américain en 1966. On comptait 4 ordinateurs connectés en 1969. Sa naissance officielle date de 1983. En 2008, 67% de la population mondiale disposait d’un accès internet et selon le rapport de l’agence spécialisée de l’ONU sur les Télécommunications (UIT) en octobre 2012 on dénombre 2,3 Milliards d’internautes. Plus d’un tiers de la population mondiale est connecté.

C’est aussi le rêve du lien, de l’ouverture, de la liberté et de l’accessibilité sur fond d’égalité et de coopération.

Toutefois, on assiste à un paradoxe qui découle de l’avancée d’internet, du délitement des liens sociaux et du risque accru qu’Internet fait peser sur les droits fondamentaux.

La question est de savoir comment s’adapter à une accélération qui semble généralisée (la même question se pose pour le monde « réel »).

Le numérique et les droits fondamentaux

les NTIC et en particulier internet  :

    –  ont favorisé non seulement l’émergence de nouveaux droits fondamentaux :

  •       le droit d’accès à internet, relié à la liberté de communication protégée par la Déclaration des droits de l’homme et de citoyen de 1789 (décision du conseil constitutionnel du 10 juin 2009).

    Ces droits sont consubstantiels au droit au respect de la vie privée et à la liberté d’expression.

  •         la protection des données personnelles;
  •   s’agissant de la liberté d’entreprendre, celle-ci implique désormais bien que pas entièrement reconnu, le droit à une existence numérique (droit à un nom de domaine, à un référencement équitable…),

    –   mais également ont influencé les conditions d’exercice des droits fondamentaux notamment à travers :

  • le droit à l’oubli ;
  • et la reconnaissance de nouvelles catégories juridiques telles que les plateformes.

Internet et le droit à l’oubli

La question d’internet et du droit à l’oubli a connu une avancée récente concrétisée par le Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 sur la protection des données.

La loi informatique et libertés de 1978 a consacré un droit à l’effacement des données à caractère personnel. Le débat actuel se concentre sur un droit plus vaste : « le droit à l’oubli numérique». Le droit à l’oubli consiste à faire supprimer d’un moteur de recherche une page concernant des informations que l’on ne souhaite plus voir apparaître dans les pages de résultats.

La mise en œuvre de ce droit peut toutefois aller à l’encontre du droit à l’information du public.

L’article 40 de la loi informatique et libertés qui met en exergue un droit à l’effacement des données qui s’impose à tous comporte deux volets :

  • l’interdiction pour les responsables de traitement de données, de ne conserver celles-ci pendant une durée plus que nécessaire ;

  • la durée de conservation doit être liée aux finalités pour lesquelles les données sont collectées et traitées sauf anonymisation de celles-ci à des fins entre autres statistiques, scientifiques.

A ce titre, il est possible d’adresser une plainte à la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) dont l’intervention est subsidiaire.

Cette réglementation est suffisante dans le cadre restreint de l’informatique qui concerne les bases de données. Cependant, la question du droit à l’effacement des données a été modifiée avec l’apparition d’internet et précisément des moteurs de recherche. Tout le monde est susceptible d’avoir accès à des données par l’intermédiaire de ces derniers. Ce qui peut susciter certaines craintes quant aux réseaux sociaux et leur impact sur la vie (l’employeur, un service, une assurance…).

Le droit à l’oubli est inséparable du droit au respect de la vie privée et pour la CNIL, il s’agit « d’éviter d’attacher aux personnes des étiquettes définitives qui portent atteinte à leur capacité de changement et au sentiment le plus intime de leur liberté » .

En 2010, la France a proposé aux grandes entreprises de l’internet, une charte de bonnes pratiques mais qui n’a pas été signée par google et par Facebook.

A l’étranger, la Californie a voté en 2013, la loi dite « eraser law » pour les moins de 18 ans. Loi qui rentre dans le cadre de la protection des mineurs soumise à conditions.

A l’échelle de l’Union Européenne, c’est la Cour de justice de l’Union Européenne (CJUE) qui va permettre une première mise en œuvre de ce droit avec une décision du 13 mai 2014. Décision qui va venir préciser la directive 95/46/CE relative à la protection des données. Les exploitants de moteurs de recherche sont ainsi responsables du traitement des données personnelles au même titre que les éditeurs de sites Web. Il ressort de cette décision que :

  • le droit à la protection des données juridiques s’applique aux moteurs de recherche;

  • les internautes peuvent demander sous certaines conditions, la suppression des liens vers des informations portant atteinte à leur vie privée.

Dès lors, les internautes européens peuvent faire valoir ce droit selon deux modalités :

  • soit par l’intermédiaire du site d’origine;

  • soit par une demande de désindexation du moteur de recherche (Google).

Le règlement général sur la protection des données

Le règlement général sur la protection des données (RGPD 2016/679) du 27 avril 2016 qui entrera en vigueur en 2018 comme tout règlement est applicable directement au sein des États de l’Union Européenne et constitue la loi de l’Union. Ce texte vient  renforcer et compléter la directive 95/46/CE.

C’est le nouveau texte de référence au niveau de l’Union européenne sur la protection des données à caractère personnel. Ce règlement paru au JOUE le 4 mai 2016, renforce et unifie la protection des données et renvoie notamment à :

  • la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne qui consacre expressément la protection des données à caractère personnel en son article 8 paragraphe 1 ;

  • l’article 16 paragraphe 1 du Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne.

Il s’agit de :

    • « contribuer à la réalisation d’un espace de liberté, de sécurité et de justice et d’une union économique, au progrès économique et social, à la consolidation et à la convergence des économies au sein du marché intérieur, ainsi qu’au bien-être des personnes physiques. » ;

    • souligner le fait que « le traitement des données à caractère personnel devrait être conçu pour servir l’humanité ».

Néanmoins, ce droit n’est pas absolu. Il convient de :

  • tenir compte de sa fonction dans la société ;

  • concilier ce dernier avec d’autres droits (application du principe de proportionnalité).

Le règlement rentre dans la réforme de la protection des données et poursuit trois objectifs :

  • renforcer les droits des personnes ;

  • responsabiliser les acteurs traitant des données (responsables de traitement et sous-traitants);

  • crédibiliser la régulation.

Son champ d’application englobe le responsable de traitement ou le sous-traitant :

  • établi sur le territoire de l’Union ;

  • qui met en œuvre des traitements visant fournir des biens et des services aux résidents européens ou les cibler. Ce qui inclut internet.

On assiste non seulement à une extension de la protection actuelle qui concerne les « responsables de traitement » mais aussi au renforcement des droits de la personne tout en facilitant l’exercice de ceux-ci. Il y a donc une obligation de mise à disposition d’une information claire, intelligible et aisément accessible. De plus, la personne doit en principe donner son accord.

Le règlement consacre de ce fait :

  • de nouveaux droits : le droit à la portabilité des données, un droit à la réparation des dommages matériels et ou moraux;

  • la mise en place des conditions particulières pour le traitement des données des enfants ;

  • le principe des actions collectives.

A lire pour plus amples détails :

Le traitement des données à caractère personnel fait l’objet également d’une application dans le cadre du Conseil de l’Europe (Cour Européenne des droits de l’Homme) qui n’a pas été traitée ici.

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L’impact des réseaux sociaux sur nos vies

reseaux-sociauxreseaux-sociaux-2Nouvelle dans la blogosphère, je me pose la question comme tout le monde de l’impact des réseaux sociaux.

Après avoir hésité par rapport à la création de mon blog, je découvre ce monde.

Réservée de nature j’étais à mille lieues de m’imaginer que ce monde allait me plaire je dirai même presque me rendre addict dès les premiers jours…Tant il y a de tout et on est loin de s’ennuyer.

On découvre en même temps les potentialités du net même si cela n’est pas facile au début et ce parlant du côté technique des choses (certaines personnes me comprennent n’est-ce pas!?).

Pour moi internet se limitait au streaming, à l’actualité et bien sûr à ma boite mail…

Avec le monde de la blogosphère et plus largement des réseaux sociaux c’est la possibilité de voyager à travers le monde, d’être en contact avec de nouvelles cultures, d’ouvrir de nouveaux horizons. Bien sûr c’est un monde virtuel, c’est un voyage dans la virtualité et l’on ne saurait dire s’il est possible de se faire de nouveaux ami(e)s… Des ami(e)s virtuel(le)s avec tous les dangers que cela comporte ( confère les événements qui ont défrayé la chronique quant aux réseaux sociaux).

Les réseaux sociaux sont marqués par le désir de lien social, de partage, de partager son histoire personnelle et naturellement de la question des contours entre vie privée et vie publique.

Le temps des réseaux n’est pas une nouveauté. C’est tout simplement l’histoire de l’humanité. Le philosophe Hobbes écrivait déjà :

“avoir des amis, c’est avoir du pouvoir”.

Le réseau social peut être un facteur de pouvoir. Toutefois la question se pose de savoir si cela est vrai quant aux réseaux sociaux sur internet. Dans le cas de ces derniers c’est à  l’échelle planétaire que cela se joue. Cependant, peut-on parler de pouvoir? Tant les rapports sont virtuels et parfois même éphémères.

Sachant que le rapport social est inévitable, nous avons donc chacun du pouvoir. Cela dépend de la situation de chacun.

Cependant, il est important d’évoquer la question du “capital social”. Face à l’accélérateur des relations sociales qu’est internet, il se pose la question de l’impact de celui-ci sur le “capital social”.

Tout dépend de l’utilisation faite par chacun. Les sites comme Viadeo, Linkedin notamment peuvent dans une certaine mesure produire du capital social et ainsi donner du pouvoir dans la vie par un réseau d’ami(e)s. Mais la situation semble complexe pour Facebook, Twitter, ou bien encore Meetic…

Les rapports sociaux  inclus les réseaux sociaux sur internet sont dans tous les cas marqués par les inégalités sociales (confère la notion de Fracture numérique). Internet ne fait que les entériner voire les favoriser.

C’est  à chacun de se faire une idée, de poser des limites à ce qu’il veut faire, à ce qu’il veut faire découvrir de lui ou pas. C’est le libre arbitre en principe qui détermine les êtres humains.

C’est également une école de la vie car c’est un monde certes virtuel, mais celui-ci fait l’objet de normes ( réglementation et régulation).

Il a ses propres règles :

  • qui peuvent être officielles et découler entre autres des autorités avec toutes les difficultés que cela comporte quant à leur mise en place (la CNIL en France par rapport à la protection des données personnelles);
  •  inhérentes  à internet, ceux qui pensent que la liberté est la règle sur internet avec pour  justification que c’est un monde coupé de la réalité. C’est un autre monde!

Internet étant une technique (moyen ou fin) mais aussi une idéologie (confère Anonymous), peut-on se permettre tout sur internet?

Pensez-vous que nous sommes tous connectés?

 

A lire : Très bel article de Hubert Guillaud paru sur le site du monde.fr intitulé : “Cameras, films familiaux…une promesse qui ne se réalise jamais”

Article qui vient compléter et détailler cet article mais plus largement qui traite de la question du bouleversement des pratiques culturelles face à la technologie et notamment du cycle des usages sociaux de l’image à travers les technologies, de l’impact des réseaux sociaux.

S’agissant de ces derniers, citant André Gunthert, maître de conférences en histoire visuelle à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et titulaire de la chaire d’histoire visuelle :

“…On a perdu en compréhension du social, en institutions. Les réseaux sociaux sont un palliatif non institutionnel aux structures du social. »

Il met en exergue le lien entre technologie et social.

André Gunthert : L’image partagée

Hubert Guillaud que l’on peut suivre sur internetactu.net en tant qu’auteur.

 

 

 

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