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L’intérêt, le fil du monde…Le fil de la vie

L’intérêt :  titre percutant et simple pour cet article au départ, chers internautes, lecteurs dans l’intérêt du SEO (Search Engine Optimization), l’optimisation pour les moteurs de recherche, j’ai dû le changer!

Valérie Blass : Rope dope grope nope
Source image : site Flickr.com -Valérie Blass, Rope dope grope nope

 

 

C’est le titre juste car en un mot cela résume sa place dans le monde et dans nos vies.  Nous sommes gouvernés par l’intérêt et l’intérêt nous gouverne. S’il fallait remplacer le mot monde par un autre mot ce serait : intérêt.

L’intérêt c’est un intérêt pour soi et pour les autres

L’intérêt pour soi

 

C’est ce mot qui pousse au dépassement de soi. C’est également lui qui fait sombrer dans les abîmes de la nature humaine. Il gouverne tous les aspects de la vie, de nos vies : études, amour, travail …Le rapport aux autres, au monde et à soi.

Intérêt pour soi, sa personne, permet de (dé)passer les frontières de la société, du milieu social, mais aussi ses propres barrières, de se dépasser à l’école, au travail, dans une compétition… Certes, celui-ci permet le dépassement de soi, mais il est nécessaire de bien comprendre sa personne, se saisir de sa personne. Un intérêt mal placé peut avoir de graves conséquences.

En effet, cela peut aboutir à certaines maladies telles que l’anorexie…Ou encore, conduire à perdre de son intérêt par un intérêt trop poussé de la chirurgie esthétique par exemple. On n’a pas su saisir l’intérêt de sa personne. Dans le cas de la chirurgie excessive, il y a un mélange d’intérêt et de désintérêt pour sa personne.

Tout excès nuit et avec l’intérêt pour sa personne le narcissisme n’est jamais loin. Tout est affaire d’équilibre! Ce narcissisme qui conduit à un désintérêt pour la personne des autres et à concentrer tout son intérêt sur sa personne.

L'intérêt, le fil du monde...Le fil de la vie
Source image- www.laviesimplement.fr -Lvsimplement

L’intérêt pour les autres

 

L’intérêt pour les autres, c’est dans la nature même de l’Homme. L’Homme est un animal politique selon Aristote, il est fait pour vivre en société, pour vivre avec les autres et donc éprouver, avoir de l’intérêt pour l’autre, pour les autres.

C’est l’intérêt pour l’inconnu qui vous pousse à cliquer sur ce site. Il est à la base de la rencontre avec l’autre, des échanges, du partage, des découvertes. Christophe Colomb n’aurait jamais découvert les Antilles,  Cuba, Haïti en 1492 sans lui.

L’intérêt est à la base du lien social, du lien avec l’autre, les autres.

C’est l’intérêt qui fait de ce monde, un monde interconnecté, un monde en réseau dont l’inconvénient est d’en être exclu (e) quand on ne fait pas partie de ce réseau ou que ce dernier nous trouve sans intérêts!

La manifestation positive de l’intérêt se lit à travers l’amour, mais surtout par l’amitié “désintéressée” qui permet le vivre ensemble.

L’ amitié telle que décrite par Aristote.

Au sens large, l’amitié est l’ensemble des liens sociaux fondés sur la nécessité de vivre ensemble. Elle est donc naturelle. Elle participe à la sociabilité naturelle. L’ amitié est une disposition.

C’est l’intérêt pour l’autre qui fait d’un peuple une nation. C’est également lui qui justifie les solidarités.

A l’échelle de l’État, la solidarité se traduit par l’État providence et surtout par l’expression : solidarité nationale.

La solidarité nationale qui prend plusieurs visages et notamment la Sécurité sociale, les aides sociales, les minima sociaux…Elle permet ainsi toutes sortes de politiques sociales et cela même en faveur de l’étranger, des étrangers.

En effet, c’est l’intérêt pour les autres qui permet au niveau national, de l’État de mettre en place une politique de l’immigration, d’intégration. Malheureusement “la peur du barbare” tend à prendre le dessus sur celui-ci. Des frontières sont créées dans les têtes et dans la vie, des murs sont levés car le barbare c’est l’autre et pas nous. Or, l’autre n’est que notre simple reflet, c’est à travers lui que je m’améliore, c’est tout simplement à travers lui que j’existe!

L'intérêt, le fil du monde...Le fil de la vie, moi et l'autre
Source image : www.laviesimplement.fr -Lvsimplement

L’intérêt pour soi et l’intérêt pour les autres

 

A côté de la solidarité nationale, l’intérêt se traduit également par la notion d’intérêt général. Cette dernière met en relief les deux versants de l’intérêt humain : l’intérêt pour soi, et l’intérêt pour les autres.

L’intérêt général, représente la place ultime qu’occupe l’État à travers  l’action publique. Pierre angulaire, il en fonde la légitimité et en détermine la finalité.

Pourtant deux conceptions s’affrontent. L’une d’essence utilitariste qui ne voit dans l’intérêt commun que la somme des intérêts particuliers. L’intérêt est donc la recherche de l’utilité par les agents économiques. Ce qui laisse peu de place à l’autre : chacun étant concentré sur son intérêt.

La seconde conception, adoptée en France,  d’essence volontariste, vise à faire société, à pousser les uns à s’intéresser aux autres. Elle exige le dépassement des intérêts particuliers et s’exprime à travers la volonté générale. On ne peut pas vivre sans prendre en compte l’intérêt de l’autre sans s’intéresser à l’autre.

L’intérêt général concerne donc à la fois l’État et les individus.  La première conception c’est la démocratie de l’individu qui gère son intérêt comme il veut. Il peut décider d’inclure ou de rejeter l’autre. Alors que la seconde conception fait appel à la capacité des individus à transcender leurs appartenances et leurs intérêts pour exercer la suprême liberté de former ensemble une société politique.

Au niveau individuel, l’intérêt est au cœur de l’engagement. Ce dernier peut passer par le bénévolat, l’associatif entre autres. Il s’agit de venir en aide aux autres de façon désintéressée, sans rien demander en retour. Venir en aide à l’autre quand il est dans la détresse, le besoin.

Mais également, parfois venir en aide aux autres de façon intéressée car en m’engageant envers l’autre c’est en fait mon intérêt que je sers. Rendre un service pour un autre et fabriquer ainsi une société en réseau qui introduit un déséquilibre au quotidien, des inégalités dans la société.

Cet intérêt qui permet d’apporter une aide aux autres,  d’aider ceux-ci à s’en sortir, peut aussi se traduire par la destruction de l’autre. C’est le cas du crime, de la perversion…

Le tout c’est de trouver un équilibre entre l’intérêt pour soi, l’intérêt pour l’autre et à ce qui nous entoure. Il est important de ne pas perdre de l’intérêt pour sa personne car sans celui-ci, il est difficile de s’intéresser à l’autre.

S’intéresser à son environnement, à la protection de la nature, des animaux et parfois aller à l’extrême et notamment le “colonialisme vert” est bien sûr toujours justifié par l’intérêt.

C’est le fondement de la Science. Cette dernière par intérêt pour l’espèce humaine, permet la survie de l’être humain. Cependant, la Science, la technique est aussi à la base du désintérêt pour l’espèce humaine, de la perte de celle-ci. Elle permet de servir les intérêts d’un pays au détriment d’un autre. La guerre pour défendre ses intérêts face à ceux de l’autre. Les intérêts entrent en conflit, des conflits d’intérêts et la place de l’être humain se juge en fonction des intérêts.

Il nous permet simplement de vivre. Sans l’intérêt pour la vie, on sombre dans le désintérêt de soi, de l’autre, de l’environnement… On arrête tout simplement de vivre.

L’intérêt c’est le patchwork de la vie. Il tricote et détricote, coud et découd notre vie. Il en perd le fil et retrouve le fil.

L’intérêt c’est le fil de la vie

 

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Emploi : les maux de l’emploi et les mots pour dire l’emploi

 

Les mots pour dire l'emploi
Source image : laviesimplement.fr-Lvsimplement

 

Pluriels sont les maux de l’emploi et les mots pour le dire sont multiples face à des réalités parfois diverses.

L’ emploi en tant que travail rémunéré fait partie intégrante de nos vies et en détermine même les contours pour une majorité d’entre-nous.

 

 Travail : de la contrainte au travail valeur centrale

 

L’Histoire est marquée par le rejet traditionnel du travail comme en démontre l’étymologie. Étymologiquement, c’est une vision négative du travail. Le mot travail vient du latin tripallium qui désigne un instrument de torture à trois dents. L’assimilation à la douleur est également faite avec labor qui signifie le labeur, la fatigue.

Si jusqu’à la période moderne, on distinguait au sein de la société les personnes contraintes au travail de celles qui pouvaient s’en dispenser, la période moderne en a fait une valeur centrale. Le travail occupe une place centrale.

Dans le discours des lumières, le travail est un moyen d’accès au bonheur humain. Le libéralisme va venir renforcer la place centrale du travail.

Cependant, aujourd’hui peut-on dire que l’emploi, travail rémunéré est une source de bonheur ou un instrument de torture?

Pin's avec inscriptions Work sucks

Source image : site Flickr.com- Michelhrv

Du bonheur humain à la peur pour l’emploi

 

Le mot emploi, qui traduit une certaine vision de la société souffre de nombreux maux.

Le bonheur dans le travail, au travail, par le travail est une chose désormais relative. Le travail, une contrainte reste une réalité et la peur est le mot qui rime désormais avec emploi.

Peur face à un accès au travail de plus en plus difficile.  Peur de ne pas pouvoir accéder à un emploi malgré la mise en place de règles. Règles qui ont perdu de leur sens et font perdre au travail son sens, du sens.

Un accès rendu difficile car l’accès à l’emploi résiste au mérite. Le capital humain accumulé n’est pas ou plus une garantie suffisante d’accès au marche du travail. Les compétences cèdent leurs places devant les relations, le réseau.

Il faut être diplômé mais aussi avoir de l’expérience et de bonnes relations. L’ ancienneté au travail, dans le travail, doit préexister fermant ainsi, dans la plupart des cas la porte à la capacité, la volonté et l’envie d’y arriver. Une maladie de l’emploi notamment l’emploi jeune dont les emplois d’avenir et les emplois aidés n’arrivent pas à en guérir les symptômes encore moins à soigner le mal en profondeur.

Justice, égalité, égalité de chance imprègnent l’univers de l’emploi, deviennent des mots pour l’emploi, de l’emploi pour les maux du travail.

Un accès rendu difficile par ce que l’on appelle le chômage. Économiquement, l’emploi c’est le rapport entre le nombre de personnes actives dans une profession, un pays et la population totale de cette profession, de ce pays. Cela se traduit souvent par les chiffres du chômage.

Chômage, phénomène de masse à partir des années 1970 (1974). Le premier choc pétrolier a éteint le rêve du plein emploi à temps plein pour tous. C’est à une remise en cause au plan collectif du travail auquel on assiste. 

Chômage, ce  mot est la conséquence d’autres maux de l’emploi:  les inégalités qui règne dans les situations de chômage. Les jeunes, les femmes, les seniors étant les plus touchés.

L’accès à l’emploi c’est aussi la précarisation de segments importants de la population active avec un nombre important de travailleurs pauvres. Pauvreté du travail et travail pauvre sont le quotidien de millions de personnes qui voyagent entre contrats à durée déterminée, intérim, contrats saisonniers…

Un accès à l’emploi rendu plus difficile quand la flexibilité est devenue le mot d’ordre dans l’emploi et à l’emploi et fait des réseaux une source de différenciation.

Un accès à l’emploi qui peut rimer avec stigmatisation, celle des demandeurs d’emploi soumis à un accompagnement personnalisé.

Un accès à l’emploi limité “en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques…”. Le Handicap est un mot souvent employé, mais jamais pleinement utilisé pour mettre fin à un des maux de l’emploi : l’accessibilité à l’emploi des personnes en situation de handicap, et ce malgré la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Une loi incapable de guérir les maux qui touchent l’accessibilité des personnes en situation de handicap.

 

Pancarte avec inscriptions Intérimaires sans papiers en grève
Source image : site Flickr.com – Petit_louis

 Un bonheur cédant la place à la peur au travail et du travail

 

Peur de cette responsabilisation de plus en plus accrue de l’employé dont le mot est : l’individualisation. Gestion individuelle, voire personnelle  des salariés axée sur l’évaluation des compétences intégrant connaissances, diplômes, mais aussi savoir-être lié à des aptitudes comportementales et des capacités d’adaptation.

Il en ressort un des maux de l’emploi, celui du “travail sans fin”. La durée, le lieu de travail n’ont plus de frontières pour certaines personnes. Il n’y a plus de lieu de travail emblématique. Les nouvelles formes de travail rendent le travail diffus. “La fatigue d’être soi” dont parle Alain Ehrenberg n’est jamais loin face à ce qu’il qualifie de  “Culte de la performance” qui envahit la société. Les mots stress, dépression, suicide, burn-out entre autres, traduisent désormais mieux les maux du travail.

L’emploi est devenu moderne, mais cet emploi moderne est devenu une source d’inquiétude et de mal-être. Mal-être par cette demande d’être au maximum de ses capacités, de ses possibilités en permanence. Ce tout pour l’emploi, dans l’emploi et par l’emploi, mène non seulement à tous dopés pour l’emploi mais aussi à une “précarisation subjective” et ce même dans les emplois stables.

La peur domine face à la quête de solutions, de difficultés qui caractérisent le travail. La peur de ne pas être à la hauteur, peur de ses entretiens individuels devenant de véritables épreuves. On assiste ainsi à une remise en cause au plan individuel du travail. Le travail n’est plus une source de libération, de réalisation de soi. Il y a un arbitrage entre le travail et les loisirs. La réalisation de soi passe par d’autres activités telles que le sport, le bénévolat.

Dessin avec inscriptions emploi et travail en lettres séparées
Source image : laviesimplement.fr – Lvsimplement

 

Un travail en quête de sens pour une révolution à venir

 

Le sens du travail semble se perdre face à tous ces maux et face à la peur de “La fin du travail”. Fin du travail conséquence pour certains, du progrès technique qui réduit la demande de main d’œuvre, surtout celle peu qualifiée.

Mais, cette marche en avant peut-elle s’arrêter, et faire marche arrière au nom de l’emploi, du travail?

Le travail est ainsi “une valeur en voie de disparition” et “une révolution à venir” selon Dominique Méda. On imagine le travail de demain, au travers du partage du temps de travail. On image un monde sans travail avec un revenu universel.

En effet, en ce qui concerne le travail, il doit y avoir une révolution, mais quelle révolution? Une révolution générale ou individuelle?  

Avec la fin du travail c’est aussi une remise en cause des solidarités au sein de la société.

Durkheim dans “De La division du travail social”, distinguait travail mécanique, propre à la société de la tradition basé sur la similitude, la ressemblance, et symbolisé par la communauté, du travail organique, forme moderne de solidarité qui unit des personnes différentes mais complémentaires. Dans le travail moderne, la complémentarité, la spécialisation est source de lien social.

Au delà de la remise en cause du travail comme valeur centrale, l’emploi c’est avant tout des réalités diverses où certains ont une impression de bonheur, de joie, libération, de réalisation de soi,  alors que d’autres ont un sentiment d’exclusion, d’un monde fort, fort lointain. Il s’agit à la fois de travailler pour vivre et de vivre pour travailler. Un monde dans lequel le travail loisir, plaisir est une inconnue mais pas pour tout le monde. 

Quelques références pour ceux que ça intéresse :

La Fatigue d’être soi. Dépression et société d’Alain Ehrenberg

Le Culte de la performance  d’Alain Ehrenberg

La fin du travail de  Jérémy Rifkin

Le travail : Une valeur en voie de disparition ?   de Dominique Méda

Travail : Une révolution à venir de Dominique Méda

De la division du travail social de Durkheim

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AMKOULLEL ou une leçon de vie pour un bien-être quotidien

Les mots, phrases peuvent être des éléments du bien-être et de l’être bien au quotidien.

On a appris à se détester par les mots, à transmettre la haine par les mots dans la vie de tous les jours, dans le monde virtuel d’internet et particulièrement sur les réseaux sociaux.

On a appris à tuer avec des mots, en manipulant ceux-ci comme une arme, en poussant parfois l’autre à retourner cette arme contre lui, en le poussant au suicide de façon consciente ou pas.

On a appris à faire et défaire l’Homme, le monde avec des mots.

Mais on a aussi appris, à aimer, à s’élever, à éduquer, à enseigner, à transmettre avec des mots afin de faire de ce monde un monde meilleur.

Les mots, les phrases peuvent souligner le mal-être de l’Homme, ce “malaise dans la civilisation” de Freud.
Si comme le soulignait Aristote, l’Homme est un “animal politique” doué de logos (parole) maîtrise t-il pour autant cette parole, ce langage, ces mots?

Or, les mots, les phrases, peuvent être ce petit détail qui nous achève, nous mine le moral…ou nous aide à trouver la force en nous, la force de continuer le quotidien.

Aujourd’hui, je partage avec vous quelques mots, quelques phrases, une leçon de vie, les conseils de la mère de Amadou Hampâté Bâ dans le roman AMKOULLEL.

Une leçon de vie à appliquer en toutes circonstances, peu importe la couleur de la peau, l’origine, les idées, les croyances. Ces mots parlent de moi, de toi, de nous, de vous. Ils sont le vivre ensemble, le vivre bien, le bien-être et l’être bien.

Il s’agit de “faire société”.

Le bien-être et l’être bien c’est penser à soi mais aussi aux autres.

“Soit toi” inclut aussi les autres. On ne peut être soi :

si l’autre n’existe pas et nous permet d’admirer notre reflet à travers ses yeux, son regard.

Si l’autre ne nous permet pas de voir qui l’on est à travers lui.

L’autre c’est le reflet de ce que et qui nous sommes réellement. Le bien-être et l’être bien de l’autre c’est mon bien-être et mon être bien.

Alors, à travers cette leçon de vie veillons à ce que dans le regard de l’autre, à travers l’autre, il y ait un reflet de bien-être et de l’être bien.

 

Conseils donnés par la mère de Amadou Hampâté Bâ à son fils dans le roman AMKOULLEL:

N’ouvre jamais ton mal en présence de qui que ce soit.

La force d’un homme, viens de sa réserve.

Il ne faut étaler ni sa misère, ni sa fortune.

Fortune exhibée appelle jaloux, quémandeurs et voleurs.

N’envie jamais rien, ni personne.

Accepte ton sort avec fermeté, soit patient dans l’adversité et mesuré dans le bonheur.

Ne te juge pas par rapport à ceux qui sont au-dessus de toi, mais par rapport à ceux qui sont moins favorisés que toi.

Ne sois jamais avare.

Fais l’aumône autant que tu le pourras, mais fais-la aux malheureux, plutôt qu’aux petits marabouts ambulants.

Rends le plus de service que tu pourras et demandes-en le moins possible.

fais-le sans orgueil et ne soit jamais ingrat ni envers Dieu, ni envers les hommes.

-Sois fidèle dans tes amitiés et fais tout pour ne pas blesser tes amis.

-Ne te bats jamais avec un homme plus jeune ou plus faible que toi.

-Si tu partages un plat avec des amis ou des inconnus, ne prends jamais un gros morceau, ne remplis pas trop ta bouche d’aliments et surtout ne regarde pas les gens pendant que vous mangez car rien n’est plus vilain que la mastication.

Et ne sois jamais le dernier à te lever; s’attarder autour d’un plat est le propre des gourmands et la gourmandise est honteuse.

-Respecte les personnes âgées.

Chaque fois que tu rencontreras un vieillard, aborde-le avec respect et fais-lui un cadeau si minime soit-il.

demande-lui des conseils et questionne-le avec discrétion.

-Méfie-toi des flatteurs, des femmes de mauvaise vie, des jeux de hasard, de l’alcool.

-Respecte tes chefs, mais ne les mets pas à la place de Dieu.

-Fais régulièrement tes prières.

Confie ton sort à Dieu chaque matin au lever et remercie-le chaque soir avant de te coucher.

S’il vous plaît, ne gardez pas ces précieux conseils pour vous . partagez les avec tous ceux que vous aimez !!!

 

 

Bibliographie et information sur Amadou Hampâté Bâ : ici

Amadou Hampâté Bâ, Amkoullel, l’enfant peul 

 

A découvrir également : “L’étrange destin de Wangrin”  publié en 1973 :  roman qui raconte l’histoire d’un ami de l’auteur ivoirien, dans l’Afrique occidentale française du début du XXè siècle.

 

Découvrir un extrait : lecteur France culture ci-dessous

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L’oubli, l’un des grands débats de l’Humanité 2 : l’Histoire et la mémoire

 

Je vous raconterais bien volontiers mon histoire mais êtes-vous certain que ce ne sont pas des histoires?

J’ai la mémoire qui flanche quand il s’agit de parler de moi, de mon histoire mais pas quand il s’agit de raconter des histoires !

Pourquoi sommes-nous obsédés par la mémoire? Mémoire, subjective, celle d’hier, d’aujourd’hui et de demain? Mémoire plurielle, la mienne, la tienne, la vôtre, la nôtre, la leur.

Histoire et mémoire face à l'oubli
Source image : Lvsimplement-laviesimplement.fr

 

L’Histoire, objective et universelle, rejette parfois la mémoire car  subjective, c’est celle qui flanche, c’est celle sujette à des trous.

Trous de mémoire qui expliquent peut-être la guerre des mémoires dont la manifestation la plus concrète se traduit par les lois mémorielles et l’obsession du “devoir de mémoire”.

Cette volonté de la mémoire d’être plus vraie, réelle et approuvée par l’autre, les autres. Ce besoin de reconnaissance qui cache les lacunes de la mémoire. Lacunes parfois comblées ou confortées par l’Histoire.

La mémoire, reconstruction affective du passé, c’est celle qui est trahie par le témoignage et sauvée par l’Histoire. Sans témoignage y aurait-il eu une mémoire et sans mémoire aurait-on une Histoire?

L’Histoire, quelle Histoire?  La mienne, la tienne, la vôtre, la nôtre ou la leur?

Il existe des histoires, histoires des individus mais une Histoire du monde, des peuples, des nations. Une Histoire, étude scientifique du passé.

Les faits trouvent leur consécration dans l’Histoire. Le monde a besoin de l’Histoire. Comme l’a souligné Hérodote qui fonda la discipline historique, à travers son ouvrage “L’enquête” :

“Hérodote d’Halicarnasse présente ici les résultats de son enquête (historia) afin que le temps n’abolisse pas les travaux des hommes et que les grands exploits accomplis soit par les Grecs, soit par les Barbares, ne tombent pas dans l’oubli.”

 

Une mémoire qui passe
Source image : site Flickr.com-Paulo Valdivieso, une mémoire qui passe, Marvão, Portugal

 

Le monde a besoin de l’Histoire pour se souvenir, pour avoir une mémoire. Le monde a besoin de l’Histoire afin de préserver cette mémoire pour ne pas répéter les erreurs du passé. Pour que les erreurs du passé ne tombent pas dans l’oubli.

Cependant :

“L’Histoire se répète toujours…Les leçons du passé se perdent dans nos souvenirs et se troublent dans nos témoignages!” Lvsimplement

La répétition des erreurs du passé, leur reproduction, leur traduction dans l’Histoire, pose la question de l’utilité de l’Histoire.

L’Histoire c’est ce qui est vu et su. C’est un travail de recherche, d’exploration, d’information, puis le résultat de ce travail et, enfin, sa relation verbale ou écrite.

L’Histoire n’est rien sans la mémoire qui permet à l’Histoire de passer le temps, les époques, de s’inscrire dans les têtes, les cœurs, les esprits et de se coucher sur du papier.

La mémoire n’est rien sans l’Histoire car celle-ci permet de la conserver, de la préserver des trous de mémoire et de la rendre opposable à soi, aux autres. Avec l’Histoire, la mémoire devient incontestable ou du moins devient universelle! Il n ‘y a plus des mémoires mais une mémoire. L’Histoire c’est la mémoire unique, l’unité des mémoires, l’unité d’un peuple, d’une nation, l’unité du monde!

La peur n’est jamais loin. La peur de l’oubli, qui conduit à cette guerre des mémoires. Peur d’être des hommes sans histoires, un peuple, une nation sans Histoire, un monde sans Histoire mais également peur d’être sans mémoire.

La peur de ne pas laisser notre empreinte, notre Histoire dans le temps, les époques mais aussi dans les mémoires.

Mais la mémoire  :

c’est celle qui est refoulée quand le passé est trop douloureux,

c’est celle qui est reconstruite par le témoignage,

c’est celle qui est sujette “l’obsession mémorielle”.

Perdre sa mémoire revient à effacer son histoire. On est seul(e) à détenir son histoire dans son intégralité. Seul(e) à en connaître les failles, à la troubler,  à la rendre illisible, à la fabriquer.

Notre histoire nous appartient et nous en sommes les maîtres. Notre histoire peut être répétée mais elle se perd et perd  à chaque fois un peu de lien avec nous.

Nous sommes notre histoire, nous sommes notre mémoire.

Mais mémoire sans conscience, cela est-il vraiment utile? Se souvenir, avoir une mémoire, c’est avoir une conscience. Conscience de son Histoire et de ses erreurs.

 

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5 choses à savoir sur la liberté, nos libertés.

La dame de la liberté
Source image : site Flickr.com- Lawrence OP

Nos libertés :

→ Peuvent s’exprimer…

 

Car elles font l’objet de reconnaissance dans les différentes Conventions internationales, dans le droit interne.

C’est le cas notamment :

Article 1er de la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950, communément dite Convention Européenne des Droits de l’Homme, ci-après CEDH : « Les Hautes parties contractantes reconnaissent à toute personne relevant de leur juridiction les droits et libertés définis… »

– la liberté de pensée, d’opinion, d’expression et de religion :

Article 9 de la  CEDH relatif à la liberté de pensée, de conscience et de religion : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion »


Article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen 1789, ci-après DDHC : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement … »

– de la laïcité :

Les deux valeurs fondatrices de cette dernière: la liberté et l’égalité. C’est parce que nous sommes libres et égaux que la loi du 9 décembre 1905 sur la laïcité a pour conséquence la neutralité de l’État envers la religion. Neutralité qui permet à chaque religion de s’exprimer.

Article 5 CEDH : « Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants et selon les voies légales... »

sous certaines conditions…

 

Car elles sont relatives :

 Elles nécessitent une conciliation

 

Par rapport aux autres :

Article 4 de la DDHC 1789 « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui… ».

Par rapport aux normes régissant la société et permettant de « faire société » :

C’est le cas de l’Ordre public. La CEDH article 9 : « La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou à la protection des droits et libertés d’autrui.” 

Article 10 de la DDHC 1789 « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre établi par la loi. »

Par rapport aux différentes libertés :

La liberté d’expression (liberté d’opinion, liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées) :

Article 10 alinéa 2 CEDH :  « ...L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre… ».

Article 11 de la DDHC « ...tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

La liberté religieuse :

Loi n°2004-228 du 15 mars 2004 encadrant le port des signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. Loi n°2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.

Vivre libre ou mourir
Source image : site Flickr.com- Denis Bocquet

 Et font l’objet de protection

– Les moyens de protection hors juridiction :

 

Le citoyen :

La désobéissance civile, le droit de pétition, le référendum, le vote…

L’Administration (gouvernement)au quotidien :

Par l’édition de lois et d’arrêtés. Par la protection de l’Ordre public au moyen de la police et de mesures de sécurité…

Les associations :

Lutte contre les atteintes aux libertés, par des actions (le testing par exemple) et par la représentation pour certaines d’entre-elles en justice lors des atteintes aux libertés qu’elles défendent.

Les autorités indépendantes :

Le défenseur des droits (autorité constitutionnelle indépendante) : article 71-1 de la Constitution « Le défenseur des droits veille au respect des droits et libertés par les administrations de l’État, les collectivités territoriales, des établissements publics, ainsi que par tout organisme investi d’une mission de service public, ou à l’égard duquel la loi organique lui attribue des compétences. ». La saisine est directe.

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté (loi n°2007-1545 du 30 octobre 2007), est chargé : «  de contrôler les conditions de prise en charge et de transfèrement des personnes privées de liberté, afin de s’assurer du respect de leurs droits fondamentaux. Il exerce, aux mêmes fins, le contrôle de l’exécution par l’administration des mesures d’éloignement prononcées à l’encontre d’étrangers jusqu’à leur remise aux autorités de l’État de destination. ».
Il contrôle ainsi, les établissements pénitentiaires, les établissements hospitaliers dans le cadre notamment de l’hospitalisation sans consentement, les établissements placés sous autorité conjointe du ministère de la santé et du ministère de la justice à l’exemple du Centre socio-médico-judiciaire, les locaux de garde à vue (le procureur de la République , les députés et sénateurs disposent également d’un droit de visite) et les locaux de rétention douanière.

– Les moyens de protection dans le cadre de la justice, autorité judiciaire et institution

 

Au niveau international :

Cela passe par la protection des droits de l’Homme, on peut citer :

la Cour européenne des droits de l’homme par exemple dont la saisine peut se faire par requête individuelle ou interétatique. Celle-ci ne peut avoir lieu qu’après avoir épuisé les voies de recours internes . Les arrêts de la Cour sont obligatoires pour les États qui ont été condamnés.

La Cour pénale internationale : Mise en place par le Statut de Rome de 1998, entré en vigueur en juillet 2002. Elle est chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d’agression, de crime de guerre. Cependant, elle ne peut exercer sa compétence qu’en cas de défaut de volonté ou d’incompétence des juridictions nationales pour juger de tels crimes.

Au niveau interne :

L’autorité judiciaire :

Gardienne de la liberté individuelle selon l’article 66 de la Constitution. La loi constitutionnelle du 3 juin 1958 admet une conception plurielle des libertés : l’autorité judiciaire assure le respect des libertés essentielles.

Le Conseil d’État :

A travers notamment le recours pour excès de pouvoir, le référé suspension (article L 521-1 du Code de justice administrative) et le référé liberté  (article L 521-2 du Code de justice administrative).

Le Conseil constitutionnel :

Par le contrôle de constitutionnalité des lois (article 61 de la Constitution) et la question prioritaire de constitutionnalité (article 61-1 de la Constitution).

Les politiques :

Grâce à la politique, l’art de gouverner la cité, à des actions et des engagements.

Mais la liberté…

→ …est un combat :

 

dans l’histoire : la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique de 1776, la Révolution française de 1789, l’esclavage, la lutte pour les droits politiques et civiques (le droit de vote des femmes, le combat de Nelson Mandela contre l’apartheid , États-Unis dans les années 60 avec le black panther party…).

au quotidien : la liberté n’est jamais définitivement acquise, elle doit être conservée, protégée et même propagée (mais attention aux dérives!).

→…est confrontée aux limites de l’individualisme :

 

Article 4 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits… »

La liberté ne signifie pas égalité, mais l’égalité permet de la modérer. C’est parce que nous sommes égaux que nous sommes des hommes libres. Toutefois, l’égalité est affaire de culture.

Risque d’anarchie : l’anarchie est l’espérance d’une société sans gouvernement, sans domination, où les individus collaborent et coopèrent librement pour créer un ordre plus juste et un développement harmonieux. Le problème réside dans la contestation de l’État et l’absence de reconnaissance des droits de l’homme. Moyen d’action : la violence.

Risque de totalitarisme : Alexis de Tocqueville “De la Démocratie en Amérique” : retrait de chacun dans sa sphère privée. Ce qui laisse la place à toutes sortes de dérives.

Le libéralisme : rien est au dessus de l’individu et de sa liberté. Problème du libéralisme économique et notamment quant à la transmission des richesses. Peut-on être libre si on ne dispose pas de moyens suffisants?

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Ahh! Les fêtes de fin d’année.

On attend tous les fêtes de fin d’année avec enthousiasme.

Tous! je ne sais pas. Ce que je sais, c’est qu’à la fin de l’année tout le monde il est beau, tout le monde il est content (quoique je n’en suis pas sûre…).
Ce que je sais c’est que ça fait partie de la période préférée de la plupart des personnes dans le monde. Mais je ne sais pas si c’est la période préférée de tous!
Tous! non certains redoutent la fin de l’année car ces derniers :

  • prennent un an de plus au cours du mois. Quand on est plus tout jeune, la pilule a du mal à passer.
  •       vivent des situations difficiles : rupture, solitude, maladie, pauvreté …Pas de possibilité de fêter ou d’apprécier  la fin d’année.
  •      font le bilan de leur vie…

Les fêtes de fin d’année n’ont pas la même sensation pour tout le monde. Pour certains elles auront un goût sucré, acide, pour d’autres aigre doux voire un goût amer. Les plats n’ont pas le même prix, la même saveur et la même quantité.

Ah! les fêtes de fin d’année!

C’est le moment de l’amour, du partage, du plaisir, de la détente…Mais c’est aussi le moment des dépenses avec la conscience et la vision de la douloureuse en janvier. Dépenses parfois irréfléchies, incontrôlées et incontrôlables. Il faut bien faire plaisir à la famille, aux ami(e)s et surtout il faut bien se faire plaisir.

Plaisir! C’est le mot souvent attaché aux fêtes de fin d’année. C’est le moment de la quête du plaisir pour soi mais aussi pour les autres.

Les autres! Justement il faut y penser. Ce n’est pas seulement au moment des fêtes de fin d’année qu’il faut partager. Il faut partager tout le long de l’année, tout le long de sa vie.

Apporter du plaisir, de la joie et pourquoi pas du “bonheur” dans la vie des autres, afin de réaliser le cercle vertueux du “bonheur”.

Ce qui compte pendant les fêtes de fin d’année c’est :

  • on est pas seul;
  • je ne suis pas seul(e);
  • tu n’es pas seul(e);
  • il, elle n’est pas seul(e);
  • nous ne sommes pas seuls;
  • vous n’êtes pas seuls;
  • ils, elles ne sont pas seul(e)s.

Faisons des fêtes de fin d’année, des fêtes d’amour, de partage et le reste suivra.

Alors pour vous les fêtes de fin d’année représentent quoi?

 

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Les 7 mercenaires et la question de la justice

statue représentant la justice
Source image : site Flickr.com- Tim Green

J’ai décidé de regarder un film le week-end dernier après des mois de disette. Il faut dire qu’aucun film ne trouvait grâce à mes yeux. Mais un film traitant de la justice pourquoi pas…

Mon dévolu s’est jeté sur les 7 mercenaires avec Denzel Washington (fiche AlloCiné lien ci-dessous). Les amateurs de western sont servis (ça tire dans tous les sens…)

Le film traite de la justice au travers de 7 personnages. D’ailleurs sur l’affiche on peut lire : Justice has a number(ah !!! l’anglais) que l’on peut traduire par ‘la justice a un nombre’. C’est donc 7 mercenaires qui vont sous la direction de Denzel Washington œuvrer afin de sauver les habitants d’un petit village du joug d’un « tyran ».

Ce film soulève plusieurs questions et notamment la question de la justice et la vengeance, où se situe la limite entre les deux? Et la question de la peur de la liberté.

    • Le couple justice-vengeance

      La justice est une notion complexe car elle renvoie à la fois à une norme morale, une vertu, une institution et une autorité judiciaire. Ainsi en tant que norme morale, la justice implique le respect du droit et de l’équité tandis que la justice en tant que vertu impose le respect des droits d’autrui.

      Selon le dictionnaire Larousse, la vengeance est l’« action de se venger, de se dédommager d’un affront, d’un préjudice ».

      Dans le film, la limite entre la vengeance et la justice est tenue. La justice qu’est supposée incarner les 7 mercenaires est remise en question quand on découvre les réelles raisons du personnage de Denzel Washington. Il se pose alors la question de savoir si justice et vengeance sont nécessairement liées. La frontière se trouble.

      Il est vrai qu’il n’ y a pas de paix sans justice (pas de démocratie non plus) et de justice sans paix. Il n y a pas de paix intérieur comme c’est le cas de Denzel Washington. Il n’y a pas non plus de paix extérieure car le sentiment d’injustice peut conduire à des actes de violence.

      La difficulté de trouver un équilibre à la notion de justice existe depuis longtemps.

      C’est le cas en matière de justice en tant qu’autorité judiciaire et institution. La justice s’est adaptée aux évolutions de la société. Mais son évolution souligne sa complexité.La vengeance privée ou la justice privée a laissé la place à la justice publique. Justice publique, passant de la justice divine rendue ou déléguée par le Roi à la justice rendue au nom du peuple et notamment du peuple français faisant intervenir le ministère public.

      Si l’on regarde de près la sanction pénale par exemple, on se rend compte qu’elle satisfait malgré tout aux besoins de vengeance des victimes et sauvegarde par là même la paix extérieure(pour la paix intérieure c’est autre chose …).

      La justice publique a ainsi séparé la vengeance de la violence. Il n’est plus nécessaire par des actes violents d’accéder à la justice. Bien sûr cela ne se vérifie pas dans toutes les situations car la violence fait partie de l’Homme. Tout dépend de sa maîtrise, du contexte et des points de vue.

      Dans certaines situations la violence est nécessaire à la vengeance qui elle-même sert la justice. C’est le cas du film.

      Justice et vengeance semblent inséparables.

      Le shérif, représentant la justice, autorité judiciaire (et institution), a failli à sa mission. La justice, autorité judiciaire est mise à mal, elle est corrompue, manipulée. Ce qui n’est pas loin de la réalité de nos jours et ce que ce soit dans les pays dits autoritaires ou pays démocratiques.

      En France, le ministère public (le parquet) est critiqué, et a même fait l’objet de nombreuses décisions de la Cour européenne des droits de l’homme pour son manque d’indépendance vis-à-vis de l’État. Bien que quelques améliorations ont été faites depuis, la question demeure toujours quant à l’indépendance du parquet vis-à-vis du ministère de la justice.

      Le film se focalise sur la notion de justice, principe moral et vertu. Le respect du droit et de l’équité ainsi que des droits d’autrui. Les 7 mercenaires sont là pour faire respecter le droit, l’équité et les droits d’autrui. Dans cette quête de justice se mêle une quête de vengeance agrémentée de violence. Vengeance qui, elle-même est limitée (tout du moins au début)par la peur de la liberté des villageois.

    • La peur de la liberté

      La question de savoir si l’Homme se soumet volontairement à la servitude s’est toujours posée et se pose toujours.

      Étienne de la Boétie avec son œuvre « Discours de la servitude volontaire » rédigée vers 1548 a mis en relief le fait que les hommes se soumettaient volontairement à la servitude par habitude.

      En 1974 Stanley Milgram dans  la “Soumission à l’autorité”, suite à une expérience constate que les hommes se soumettent non seulement à l’autorité mais sont prêts aux pires actes pourvu qu’ils soient couverts par cette autorité.

      Hannah Arendt, souligne quant à elle dans « Les origines du totalitarisme », dans le cadre du totalitarisme que les hommes se sentent « déseulés ». Ils ne sont plus seuls.

      Les villageois habitués à la servitude, à la violence ont eu du mal à engager le combat. Ils avaient peur de la liberté car une fois sous la servitude, et l’habitude de celle-ci la liberté perd de son sens. Se pose alors la question à quoi sert la liberté ou à quoi bon la liberté. Qu’est-ce qu’on fera une fois que l’on sera libre.

      Cela montre que l’Homme a depuis longtemps instrumentalisé la peur. Cette instrumentalisation de la peur facilite l’avènement de la terreur qui conduit à la perte de repères. D’où la peur de la liberté. Ils ont perdu tous repères “d’hommes libres”.

      Il est alors difficile de rendre justice dans ce cas. Il est difficile de ne pas nourrir un sentiment de vengeance pour toutes les atrocités subies. Mais aussi, il est difficile de ne pas recourir à la violence car une fois que le dictateur, le tyran, a le pouvoir entre les mains, il ne veut pas ou plus s’en dessaisir. Il est difficile pour certains de goûter au pouvoir et de s’en séparer facilement.

Il ressort de l’histoire, et des différents écrits que l’Homme reste attaché à la liberté (la Révolution française par exemple). L’Homme se soumet volontairement à la servitude et décide d’en sortir tôt ou tard quand ses limites sont atteintes.

On a toujours le choix se soumettre, d’être libre ou se soumettre un temps et conquérir sa liberté ensuite. La liberté, le désir de liberté ne peut venir que de soi et pas d’une personne d’autre.

On ne peut pas libérer un peuple qui ne veut pas être libre ou qui n’a pas encore décidé d’être libre. Sinon le cercle vicieux de la soumission se répète par la suite.

La liberté est pleine et entière lorsque que c’est le peuple lui-même qui prend les armes où participe à sa libération comme c’est le cas dans les 7 mercenaires. Dans le cas contraire, si le peuple ne veut pas être libéré ou ne participe pas à sa libération c’est que pour l’instant il trouve encore son compte à la servitude…

Pour ceux que ça intéressent :

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“60 days in” ou la question de la valeur de la liberté

Source image : site Flickr.com – Matthias Müller

Je suis fan de télé-réalité oui mais de la télé-réalité américaine.

Fan car je m’intéresse à ce qui m’entoure, à mon environnement.

J’ai toujours pensé que l’on pouvait apprendre beaucoup en regardant les autres et ce même si les scènes sont mises en scène ! Il est important de voir jusqu’où les êtres humains peuvent aller…

Je vais donc vous parler de 60 days in qui est une “série documentaire” de la chaîne A&E actuellement à la saison 2. Cette série documentaire pose la question du rapport que l’ Homme entretient avec la notion de liberté.

60 days in traite de personnes « ordinaires » qui, de leur plein gré, participent à une expérience au sein de la prison pendant deux mois. Ils vivent au quotidien dans les conditions de prisonniers sans aménagements quelconque.

Pour ce faire chacun se construit une image de « délinquant » afin de gagner en crédibilité auprès des autres détenus. L’essentiel est de ne pas instiller le doute auprès des autres partenaires. Ils sont supposés vivre en prison comme des prisonniers lambda.

Il y a une présélection et une formation préalable sur les « règles en prison ».

Une fois à l’intérieur, les cameras suivent les pseudo prisonniers sous couvert de la réalisation d’un documentaire. A la fin des deux mois, ils font un compte rendu sur les points positifs et les points négatifs de leur expérience ainsi que sur la prison. D’ailleurs, c’est ce dernier point qui sert à « vendre l’émission ».

La première question que se pose la majorité des personnes qui ont vu cette émission, est de savoir comment des gens « ordinaires » peuvent vouloir de leur plein gré vivre l’expérience de la prison. 

La réponse se situe autour de la valeur de la liberté, sur la nécessité de celle-ci.

La question de la valeur de la liberté

– La liberté et la contrainte

La liberté se définit en principe par opposition à la contrainte. La liberté consiste communément en principe à faire ce que je veux quand je veux.

Mais la liberté c’est bien plus complexe que ça. Elle renvoie à soi, son entourage, ses actions, aux autres… Le dictionnaire Larousse donne d’ailleurs plusieurs exemples renvoyant à plusieurs situations. La contrainte désigne dans le langage courant, tout ce qu’on doit supporter sans l’avoir choisi.

On est tous libres car on a toujours le choix.

Source image : site Flickr.com – Matthias Müller

Le choix est toujours libre même dans les situations les plus compliquées. Par exemple, on vous met une arme sur la tempe et on vous demande de devenir esclave. Qu’est-ce que vous feriez ? Vous avez le choix entre mourir et vivre en tant qu’esclave. Certains choisiront l’esclavage …Et quelques courageux la mort.

La plupart des prisonniers ont eu un choix à faire (bien sûr tout le monde n’est pas à mettre au même niveau). Ils ont choisi une voie qui les a conduit en prison. Et ce que ce soit un bon ou mauvais choix selon les points de vue.

On peut en effet, se retrouver en prison pour une cause qui est noble (Confère l’histoire de Nelson Mandela) ou peut sembler l’être. Mais cela demeure toujours un choix.

– La question du libre arbitre

Avec la liberté se pose également la question du libre arbitre.

La faculté de choisir librement. Il est question de la pleine capacité de nos moyens quand on fait un choix (la question se pose également en droit pénal).

Les individus se trouvant à l’intérieur de la prison pour un délit ou un crime ont-ils eu à un moment ou un autre la possibilité de faire un choix, ont-ils été en pleine possession de leurs moyens ?

La drogue et certaines maladies mentales peuvent entraîner une altération ou une perte des facultés mentales. Dans le cas de la drogue, c’est une choix préalable qui s’impose. On fait le choix de se droguer ou non (sauf dans certaines situations).

Certaines situations peuvent conduire à une altération des facultés mentales comme le soulignait Gustave Le Bon dans « Psychologie des foules » paru en 1895. Dans la foule on devient quelqu’un d’autre. Dans la foule l’individu est soumis à son inconscient et régresse. Il devient ainsi primitif.

Cette analyse de Gustave Le Bon peut expliquer certains scandales qui ont défrayé la chronique. Le cas des lapidations publiques ou bien encore des drames historiques notamment l’accession d’Hitler au pouvoir. Accession due entre autres à sa capacité à haranguer les foules, sa qualité d’orateur.

Quand on regarde 60 days in, on se rend compte que certains ont perdu ce libre arbitre du fait des drogues, de la maladie ou bien encore de leur appartenance à un groupe. Certains jeunes se voient souvent obligés de commettre des délits, des crimes car ils ne veulent pas décevoir le groupe, la bande de copains…

La liberté entraîne des responsabilités

La liberté ne peut qu’être limitée dans une société normée.

Le slogan de Mai 68 « il est interdit d’interdire » ne saurait s’appliquer pleinement car la société dispose de ses règles afin de « faire société ».

La plupart de ceux qui sont en Prison dans les sociétés dites démocratiques, ont choisi de ne pas suivre les normes qui régissent la société. Ces normes font de chacun un être libre. C’est afin d’assurer, de garantir nos libertés que les autorités posent des règles.

Pas de libertés sans normes, sans contraintes. C’est la limitation qui fait société.

Bien qu’il soit difficile de juger du bien fondé de la détention ou non et des conséquences que cela peut entraîner, Il ne faut toutefois pas oublier que dans les pays dits démocratiques, « La liberté est la règle et les restrictions de police, l’exception » Corneille, commissaire du gouvernement, 1917.

En France, cela se traduit en matière de détention, en particulier dans le cadre de la détention provisoire, par l’article 137 du Code de procédure pénale. Cet article dispose en effet, que « Toute personne mise en examen, présumée innocente, demeure libre ».

Afin de se rendre compte de la situation en matière d’incarcération en France, voici les chiffres clés de l’administration pénitentiaire (source ministère de la justice).

Au 1er janvier 2016 :

  •  249 298 personnes prises en charge par l’administration pénitentiaire
  • 172 007 personnes suivies en milieu ouvert

  • 76 601 personnes sous écrou et plus de 170 000 personnes suivies en milieu ouvert

  • 187 établissements pénitentiaires (86 maisons d’arrêt, 94 établissements pour peine, 6 établissements pénitentiaires pour mineurs, 1 établissement public de santé national à Fresnes)

  • 103 services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP)

  • 37 801 agents dont 27 115 personnels de surveillance et 5 095 personnels des SPIP

  • 2,69 milliards d’euros de budget annuel (hors pensions).

 

Pour ceux que ça intéressent :

– Gustave Le Bon “ Psychologie des foules “;

–  Jacques Donzelot “Faire société : La politique de la ville aux États-unis et en France”

 

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La pauvreté est-elle une fatalité ?

Source image : site Flickr.com-François Decaillet
Source image : site Flickr.com-François Decaillet

A l’heure de la série 3% de NETFLIX;

A l’heure de la marche contre le chômage et la précarité à Paris le 3 décembre 2016;

A l’heure où l’idée de la “privatisation” de la Sécurité sociale germe au sein de la société;

A l’heure où le taux de pauvreté de la population fonction de 60% du revenu médian (1003 euros par mois aujourd’hui) stabilisé fin 2014 à 14,1%, repart à la hausse;

A l’heure où ce taux donne une vision très hétérogène et englobe tant les ménages modestes que ceux dans une très grande précarité;

A l’heure où fin 2014, selon une estimation de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), 4,13 millions de personnes en France sont allocataires de l’un des minima sociaux;

A l’heure où en 2015, selon une étude de la Cnaf-France entière -Observatoire des inégalités, 1 920 000 million de personnes étaient allocataires du RSA. Taux de non recours s’élevant environ à 50 % pour le Rsa socle et activité (à voir les chiffres de la prime d’activité);

A l’heure où selon l’Observatoire des inégalités 840 millions de personnes dans le monde sont sous-alimentées (soit une consommation de moins de 1800 calories par jour pour un adulte). Ce chiffre comprend 16 millions de personnes au sein des pays développés. C’est donc une réalité qui nous concerne tous!

A l’heure où selon le 10ème Baromètre du Secours populaire sur la perception de la pauvreté par les Français, les plus démunis ne renoncent plus seulement aux loisirs, mais également de plus en plus aux soins;

A l’heure où le plan pluriannuel contre la pauvreté et l’inclusion sociale de janvier 2013 touche à sa fin;

A l’heure où le problème soulevé par le texte publié en 1974 par René Lenoir “Les exclus, un français sur dix”  demeure une réalité;

Il se pose la question de savoir si la pauvreté est une fatalité.

La ou les solutions sont peut-être dans la hiérarchisation des priorités, la révision des outils et indicateurs de pauvreté.

Mais il s’agit surtout de changer le regard sur les pauvres . Mettre fin à la stigmatisation.

Source image : site Flickr.com- Diogenes
Source image : site Flickr.com- Diogenes

La pauvreté est une notion complexe car on est pauvre par rapport aux autres mais aussi par rapport à des valeurs communes.

La mesure du taux de pauvreté en fonction du revenu médian souligne la valorisation de la richesse comme l’une des valeurs communes dans la société contemporaine.

Cependant, faut-il nécessairement lier pauvreté et richesse matérielle?

Car  la pauvreté :

est financière,

est morale,

est un état d’esprit,

est environnementale,

est sociale, mais aussi publique, privée,

est interne mais aussi externe,

est curable et incurable,

ne se partage pas,

est plurielle et singulière,

abat les barrières mais les élève aussi,

est solitude,

est exclusion mais aussi possibilité d’inclusion,

est chômage, maladie, famine, faim,

est globale, territoriale, locale, individu,

est je, tu, il, nous, vous, ils.

Agissons plus contre la pauvreté. Un tout petit geste quotidien suffit. C’est un sourire, un bonjour qui peut rendre la pauvreté moins lourde et plus facile à supporter.

C’est un engagement fonction de ses moyens.

C’est un engagement des politiques, de la politique mais également de tout individu car la pauvreté est plurielle.

C’est un engagement entrepreneurial (l’économie sociale et solidaire par exemple).

Mais c’est surtout le vivre ensemble: changeons de regard sur la pauvreté et sur les pauvres. Peut-on vraiment reprocher à tous d’être responsables de leur situation?

Chaque jour des initiatives doivent être souligner. C’est le cas de la FNARS, fédération d’associations de solidarité, face notamment à l’émission de M6 “Rue des allocs”.

Toutefois, la polémique est parfois nécessaire à l’éveil des consciences, à l’ouverture du débat et à la recherche de solution.

En France, c’est près de 8 millions de personnes qui vivent dans la détresse sociale.

Mais une question se pose : êtes-vous pauvre?

Pour ceux que le sujet intéressent :

  – “Repenser la pauvreté” de Abhijit V. Banerjee

 – “La pauvreté dans l’abondance” de John Maynard Keynes

 – “En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté” de Jean- christophe Sarrot

 – Sur le même thème 

Voir également un article du monde daté du 5 décembre 2016 :

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/12/05/la-pauvrete-et-les-inegalites-ont-encore-augmente-en-france-en-2015_5043597_4355770.html?xtmc=taux_de_pauvrete&xtcr=3

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L’oubli, l’un des grands débats de l’Humanité : la place du cinéma.

L’oubli est l’un des grands débats dans nos sociétés.

Quelle est la place du cinéma?

En effet, il y a cette peur de l’oubli. La peur de perdre la mémoire, d’oublier des personnes, d’oublier son histoire, l’Histoire. D’où le travail de la mémoire, des mémoires et la place de la lutte des mémoires.

L’image participe à ce travail des mémoires, de la mémoire…du souvenir.

Fiche Allociné de Jean-Luc Godard, réalisateur, scénariste, acteur…un grand homme du cinéma qui fêtait son anniversaire le 3 décembre 2016 (86 ans).

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