L’intérêt, le fil du monde…Le fil de la vie

L’intérêt :  titre percutant et simple pour cet article au départ, chers internautes, lecteurs dans l’intérêt du SEO (Search Engine Optimization), l’optimisation pour les moteurs de recherche, j’ai dû le changer!

Valérie Blass : Rope dope grope nope
Source image : site Flickr.com -Valérie Blass, Rope dope grope nope

 

 

C’est le titre juste car en un mot cela résume sa place dans le monde et dans nos vies.  Nous sommes gouvernés par l’intérêt et l’intérêt nous gouverne. S’il fallait remplacer le mot monde par un autre mot ce serait : intérêt.

L’intérêt c’est un intérêt pour soi et pour les autres

L’intérêt pour soi

 

C’est ce mot qui pousse au dépassement de soi. C’est également lui qui fait sombrer dans les abîmes de la nature humaine. Il gouverne tous les aspects de la vie, de nos vies : études, amour, travail …Le rapport aux autres, au monde et à soi.

Intérêt pour soi, sa personne, permet de (dé)passer les frontières de la société, du milieu social, mais aussi ses propres barrières, de se dépasser à l’école, au travail, dans une compétition… Certes, celui-ci permet le dépassement de soi, mais il est nécessaire de bien comprendre sa personne, se saisir de sa personne. Un intérêt mal placé peut avoir de graves conséquences.

En effet, cela peut aboutir à certaines maladies telles que l’anorexie…Ou encore, conduire à perdre de son intérêt par un intérêt trop poussé de la chirurgie esthétique par exemple. On n’a pas su saisir l’intérêt de sa personne. Dans le cas de la chirurgie excessive, il y a un mélange d’intérêt et de désintérêt pour sa personne.

Tout excès nuit et avec l’intérêt pour sa personne le narcissisme n’est jamais loin. Tout est affaire d’équilibre! Ce narcissisme qui conduit à un désintérêt pour la personne des autres et à concentrer tout son intérêt sur sa personne.

L'intérêt, le fil du monde...Le fil de la vie
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L’intérêt pour les autres

 

L’intérêt pour les autres, c’est dans la nature même de l’Homme. L’Homme est un animal politique selon Aristote, il est fait pour vivre en société, pour vivre avec les autres et donc éprouver, avoir de l’intérêt pour l’autre, pour les autres.

C’est l’intérêt pour l’inconnu qui vous pousse à cliquer sur ce site. Il est à la base de la rencontre avec l’autre, des échanges, du partage, des découvertes. Christophe Colomb n’aurait jamais découvert les Antilles,  Cuba, Haïti en 1492 sans lui.

L’intérêt est à la base du lien social, du lien avec l’autre, les autres.

C’est l’intérêt qui fait de ce monde, un monde interconnecté, un monde en réseau dont l’inconvénient est d’en être exclu (e) quand on ne fait pas partie de ce réseau ou que ce dernier nous trouve sans intérêts!

La manifestation positive de l’intérêt se lit à travers l’amour, mais surtout par l’amitié “désintéressée” qui permet le vivre ensemble.

L’ amitié telle que décrite par Aristote.

Au sens large, l’amitié est l’ensemble des liens sociaux fondés sur la nécessité de vivre ensemble. Elle est donc naturelle. Elle participe à la sociabilité naturelle. L’ amitié est une disposition.

C’est l’intérêt pour l’autre qui fait d’un peuple une nation. C’est également lui qui justifie les solidarités.

A l’échelle de l’État, la solidarité se traduit par l’État providence et surtout par l’expression : solidarité nationale.

La solidarité nationale qui prend plusieurs visages et notamment la Sécurité sociale, les aides sociales, les minima sociaux…Elle permet ainsi toutes sortes de politiques sociales et cela même en faveur de l’étranger, des étrangers.

En effet, c’est l’intérêt pour les autres qui permet au niveau national, de l’État de mettre en place une politique de l’immigration, d’intégration. Malheureusement “la peur du barbare” tend à prendre le dessus sur celui-ci. Des frontières sont créées dans les têtes et dans la vie, des murs sont levés car le barbare c’est l’autre et pas nous. Or, l’autre n’est que notre simple reflet, c’est à travers lui que je m’améliore, c’est tout simplement à travers lui que j’existe!

L'intérêt, le fil du monde...Le fil de la vie, moi et l'autre
Source image : www.laviesimplement.fr -Lvsimplement

L’intérêt pour soi et l’intérêt pour les autres

 

A côté de la solidarité nationale, l’intérêt se traduit également par la notion d’intérêt général. Cette dernière met en relief les deux versants de l’intérêt humain : l’intérêt pour soi, et l’intérêt pour les autres.

L’intérêt général, représente la place ultime qu’occupe l’État à travers  l’action publique. Pierre angulaire, il en fonde la légitimité et en détermine la finalité.

Pourtant deux conceptions s’affrontent. L’une d’essence utilitariste qui ne voit dans l’intérêt commun que la somme des intérêts particuliers. L’intérêt est donc la recherche de l’utilité par les agents économiques. Ce qui laisse peu de place à l’autre : chacun étant concentré sur son intérêt.

La seconde conception, adoptée en France,  d’essence volontariste, vise à faire société, à pousser les uns à s’intéresser aux autres. Elle exige le dépassement des intérêts particuliers et s’exprime à travers la volonté générale. On ne peut pas vivre sans prendre en compte l’intérêt de l’autre sans s’intéresser à l’autre.

L’intérêt général concerne donc à la fois l’État et les individus.  La première conception c’est la démocratie de l’individu qui gère son intérêt comme il veut. Il peut décider d’inclure ou de rejeter l’autre. Alors que la seconde conception fait appel à la capacité des individus à transcender leurs appartenances et leurs intérêts pour exercer la suprême liberté de former ensemble une société politique.

Au niveau individuel, l’intérêt est au cœur de l’engagement. Ce dernier peut passer par le bénévolat, l’associatif entre autres. Il s’agit de venir en aide aux autres de façon désintéressée, sans rien demander en retour. Venir en aide à l’autre quand il est dans la détresse, le besoin.

Mais également, parfois venir en aide aux autres de façon intéressée car en m’engageant envers l’autre c’est en fait mon intérêt que je sers. Rendre un service pour un autre et fabriquer ainsi une société en réseau qui introduit un déséquilibre au quotidien, des inégalités dans la société.

Cet intérêt qui permet d’apporter une aide aux autres,  d’aider ceux-ci à s’en sortir, peut aussi se traduire par la destruction de l’autre. C’est le cas du crime, de la perversion…

Le tout c’est de trouver un équilibre entre l’intérêt pour soi, l’intérêt pour l’autre et à ce qui nous entoure. Il est important de ne pas perdre de l’intérêt pour sa personne car sans celui-ci, il est difficile de s’intéresser à l’autre.

S’intéresser à son environnement, à la protection de la nature, des animaux et parfois aller à l’extrême et notamment le “colonialisme vert” est bien sûr toujours justifié par l’intérêt.

C’est le fondement de la Science. Cette dernière par intérêt pour l’espèce humaine, permet la survie de l’être humain. Cependant, la Science, la technique est aussi à la base du désintérêt pour l’espèce humaine, de la perte de celle-ci. Elle permet de servir les intérêts d’un pays au détriment d’un autre. La guerre pour défendre ses intérêts face à ceux de l’autre. Les intérêts entrent en conflit, des conflits d’intérêts et la place de l’être humain se juge en fonction des intérêts.

Il nous permet simplement de vivre. Sans l’intérêt pour la vie, on sombre dans le désintérêt de soi, de l’autre, de l’environnement… On arrête tout simplement de vivre.

L’intérêt c’est le patchwork de la vie. Il tricote et détricote, coud et découd notre vie. Il en perd le fil et retrouve le fil.

L’intérêt c’est le fil de la vie

 

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Emploi : les maux de l’emploi et les mots pour dire l’emploi

 

Les mots pour dire l'emploi
Source image : laviesimplement.fr-Lvsimplement

 

Pluriels sont les maux de l’emploi et les mots pour le dire sont multiples face à des réalités parfois diverses.

L’ emploi en tant que travail rémunéré fait partie intégrante de nos vies et en détermine même les contours pour une majorité d’entre-nous.

 

 Travail : de la contrainte au travail valeur centrale

 

L’Histoire est marquée par le rejet traditionnel du travail comme en démontre l’étymologie. Étymologiquement, c’est une vision négative du travail. Le mot travail vient du latin tripallium qui désigne un instrument de torture à trois dents. L’assimilation à la douleur est également faite avec labor qui signifie le labeur, la fatigue.

Si jusqu’à la période moderne, on distinguait au sein de la société les personnes contraintes au travail de celles qui pouvaient s’en dispenser, la période moderne en a fait une valeur centrale. Le travail occupe une place centrale.

Dans le discours des lumières, le travail est un moyen d’accès au bonheur humain. Le libéralisme va venir renforcer la place centrale du travail.

Cependant, aujourd’hui peut-on dire que l’emploi, travail rémunéré est une source de bonheur ou un instrument de torture?

Pin's avec inscriptions Work sucks

Source image : site Flickr.com- Michelhrv

Du bonheur humain à la peur pour l’emploi

 

Le mot emploi, qui traduit une certaine vision de la société souffre de nombreux maux.

Le bonheur dans le travail, au travail, par le travail est une chose désormais relative. Le travail, une contrainte reste une réalité et la peur est le mot qui rime désormais avec emploi.

Peur face à un accès au travail de plus en plus difficile.  Peur de ne pas pouvoir accéder à un emploi malgré la mise en place de règles. Règles qui ont perdu de leur sens et font perdre au travail son sens, du sens.

Un accès rendu difficile car l’accès à l’emploi résiste au mérite. Le capital humain accumulé n’est pas ou plus une garantie suffisante d’accès au marche du travail. Les compétences cèdent leurs places devant les relations, le réseau.

Il faut être diplômé mais aussi avoir de l’expérience et de bonnes relations. L’ ancienneté au travail, dans le travail, doit préexister fermant ainsi, dans la plupart des cas la porte à la capacité, la volonté et l’envie d’y arriver. Une maladie de l’emploi notamment l’emploi jeune dont les emplois d’avenir et les emplois aidés n’arrivent pas à en guérir les symptômes encore moins à soigner le mal en profondeur.

Justice, égalité, égalité de chance imprègnent l’univers de l’emploi, deviennent des mots pour l’emploi, de l’emploi pour les maux du travail.

Un accès rendu difficile par ce que l’on appelle le chômage. Économiquement, l’emploi c’est le rapport entre le nombre de personnes actives dans une profession, un pays et la population totale de cette profession, de ce pays. Cela se traduit souvent par les chiffres du chômage.

Chômage, phénomène de masse à partir des années 1970 (1974). Le premier choc pétrolier a éteint le rêve du plein emploi à temps plein pour tous. C’est à une remise en cause au plan collectif du travail auquel on assiste. 

Chômage, ce  mot est la conséquence d’autres maux de l’emploi:  les inégalités qui règne dans les situations de chômage. Les jeunes, les femmes, les seniors étant les plus touchés.

L’accès à l’emploi c’est aussi la précarisation de segments importants de la population active avec un nombre important de travailleurs pauvres. Pauvreté du travail et travail pauvre sont le quotidien de millions de personnes qui voyagent entre contrats à durée déterminée, intérim, contrats saisonniers…

Un accès à l’emploi rendu plus difficile quand la flexibilité est devenue le mot d’ordre dans l’emploi et à l’emploi et fait des réseaux une source de différenciation.

Un accès à l’emploi qui peut rimer avec stigmatisation, celle des demandeurs d’emploi soumis à un accompagnement personnalisé.

Un accès à l’emploi limité “en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques…”. Le Handicap est un mot souvent employé, mais jamais pleinement utilisé pour mettre fin à un des maux de l’emploi : l’accessibilité à l’emploi des personnes en situation de handicap, et ce malgré la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Une loi incapable de guérir les maux qui touchent l’accessibilité des personnes en situation de handicap.

 

Pancarte avec inscriptions Intérimaires sans papiers en grève
Source image : site Flickr.com – Petit_louis

 Un bonheur cédant la place à la peur au travail et du travail

 

Peur de cette responsabilisation de plus en plus accrue de l’employé dont le mot est : l’individualisation. Gestion individuelle, voire personnelle  des salariés axée sur l’évaluation des compétences intégrant connaissances, diplômes, mais aussi savoir-être lié à des aptitudes comportementales et des capacités d’adaptation.

Il en ressort un des maux de l’emploi, celui du “travail sans fin”. La durée, le lieu de travail n’ont plus de frontières pour certaines personnes. Il n’y a plus de lieu de travail emblématique. Les nouvelles formes de travail rendent le travail diffus. “La fatigue d’être soi” dont parle Alain Ehrenberg n’est jamais loin face à ce qu’il qualifie de  “Culte de la performance” qui envahit la société. Les mots stress, dépression, suicide, burn-out entre autres, traduisent désormais mieux les maux du travail.

L’emploi est devenu moderne, mais cet emploi moderne est devenu une source d’inquiétude et de mal-être. Mal-être par cette demande d’être au maximum de ses capacités, de ses possibilités en permanence. Ce tout pour l’emploi, dans l’emploi et par l’emploi, mène non seulement à tous dopés pour l’emploi mais aussi à une “précarisation subjective” et ce même dans les emplois stables.

La peur domine face à la quête de solutions, de difficultés qui caractérisent le travail. La peur de ne pas être à la hauteur, peur de ses entretiens individuels devenant de véritables épreuves. On assiste ainsi à une remise en cause au plan individuel du travail. Le travail n’est plus une source de libération, de réalisation de soi. Il y a un arbitrage entre le travail et les loisirs. La réalisation de soi passe par d’autres activités telles que le sport, le bénévolat.

Dessin avec inscriptions emploi et travail en lettres séparées
Source image : laviesimplement.fr – Lvsimplement

 

Un travail en quête de sens pour une révolution à venir

 

Le sens du travail semble se perdre face à tous ces maux et face à la peur de “La fin du travail”. Fin du travail conséquence pour certains, du progrès technique qui réduit la demande de main d’œuvre, surtout celle peu qualifiée.

Mais, cette marche en avant peut-elle s’arrêter, et faire marche arrière au nom de l’emploi, du travail?

Le travail est ainsi “une valeur en voie de disparition” et “une révolution à venir” selon Dominique Méda. On imagine le travail de demain, au travers du partage du temps de travail. On image un monde sans travail avec un revenu universel.

En effet, en ce qui concerne le travail, il doit y avoir une révolution, mais quelle révolution? Une révolution générale ou individuelle?  

Avec la fin du travail c’est aussi une remise en cause des solidarités au sein de la société.

Durkheim dans “De La division du travail social”, distinguait travail mécanique, propre à la société de la tradition basé sur la similitude, la ressemblance, et symbolisé par la communauté, du travail organique, forme moderne de solidarité qui unit des personnes différentes mais complémentaires. Dans le travail moderne, la complémentarité, la spécialisation est source de lien social.

Au delà de la remise en cause du travail comme valeur centrale, l’emploi c’est avant tout des réalités diverses où certains ont une impression de bonheur, de joie, libération, de réalisation de soi,  alors que d’autres ont un sentiment d’exclusion, d’un monde fort, fort lointain. Il s’agit à la fois de travailler pour vivre et de vivre pour travailler. Un monde dans lequel le travail loisir, plaisir est une inconnue mais pas pour tout le monde. 

Quelques références pour ceux que ça intéresse :

La Fatigue d’être soi. Dépression et société d’Alain Ehrenberg

Le Culte de la performance  d’Alain Ehrenberg

La fin du travail de  Jérémy Rifkin

Le travail : Une valeur en voie de disparition ?   de Dominique Méda

Travail : Une révolution à venir de Dominique Méda

De la division du travail social de Durkheim

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