Histoire et mémoire face à l'oubli

L’oubli, l’un des grands débats de l’Humanité 2 : l’Histoire et la mémoire

 

Je vous raconterais bien volontiers mon histoire mais êtes-vous certain que ce ne sont pas des histoires?

J’ai la mémoire qui flanche quand il s’agit de parler de moi, de mon histoire mais pas quand il s’agit de raconter des histoires !

Pourquoi sommes-nous obsédés par la mémoire? Mémoire, subjective, celle d’hier, d’aujourd’hui et de demain? Mémoire plurielle, la mienne, la tienne, la vôtre, la nôtre, la leur.

Histoire et mémoire face à l'oubli
Source image : Lvsimplement-laviesimplement.fr

 

L’Histoire, objective et universelle, rejette parfois la mémoire car  subjective, c’est celle qui flanche, c’est celle sujette à des trous.

Trous de mémoire qui expliquent peut-être la guerre des mémoires dont la manifestation la plus concrète se traduit par les lois mémorielles et l’obsession du “devoir de mémoire”.

Cette volonté de la mémoire d’être plus vraie, réelle et approuvée par l’autre, les autres. Ce besoin de reconnaissance qui cache les lacunes de la mémoire. Lacunes parfois comblées ou confortées par l’Histoire.

La mémoire, reconstruction affective du passé, c’est celle qui est trahie par le témoignage et sauvée par l’Histoire. Sans témoignage y aurait-il eu une mémoire et sans mémoire aurait-on une Histoire?

L’Histoire, quelle Histoire?  La mienne, la tienne, la vôtre, la nôtre ou la leur?

Il existe des histoires, histoires des individus mais une Histoire du monde, des peuples, des nations. Une Histoire, étude scientifique du passé.

Les faits trouvent leur consécration dans l’Histoire. Le monde a besoin de l’Histoire. Comme l’a souligné Hérodote qui fonda la discipline historique, à travers son ouvrage “L’enquête” :

“Hérodote d’Halicarnasse présente ici les résultats de son enquête (historia) afin que le temps n’abolisse pas les travaux des hommes et que les grands exploits accomplis soit par les Grecs, soit par les Barbares, ne tombent pas dans l’oubli.”

 

Une mémoire qui passe
Source image : site Flickr.com-Paulo Valdivieso, une mémoire qui passe, Marvão, Portugal

 

Le monde a besoin de l’Histoire pour se souvenir, pour avoir une mémoire. Le monde a besoin de l’Histoire afin de préserver cette mémoire pour ne pas répéter les erreurs du passé. Pour que les erreurs du passé ne tombent pas dans l’oubli.

Cependant :

“L’Histoire se répète toujours…Les leçons du passé se perdent dans nos souvenirs et se troublent dans nos témoignages!” Lvsimplement

La répétition des erreurs du passé, leur reproduction, leur traduction dans l’Histoire, pose la question de l’utilité de l’Histoire.

L’Histoire c’est ce qui est vu et su. C’est un travail de recherche, d’exploration, d’information, puis le résultat de ce travail et, enfin, sa relation verbale ou écrite.

L’Histoire n’est rien sans la mémoire qui permet à l’Histoire de passer le temps, les époques, de s’inscrire dans les têtes, les cœurs, les esprits et de se coucher sur du papier.

La mémoire n’est rien sans l’Histoire car celle-ci permet de la conserver, de la préserver des trous de mémoire et de la rendre opposable à soi, aux autres. Avec l’Histoire, la mémoire devient incontestable ou du moins devient universelle! Il n ‘y a plus des mémoires mais une mémoire. L’Histoire c’est la mémoire unique, l’unité des mémoires, l’unité d’un peuple, d’une nation, l’unité du monde!

La peur n’est jamais loin. La peur de l’oubli, qui conduit à cette guerre des mémoires. Peur d’être des hommes sans histoires, un peuple, une nation sans Histoire, un monde sans Histoire mais également peur d’être sans mémoire.

La peur de ne pas laisser notre empreinte, notre Histoire dans le temps, les époques mais aussi dans les mémoires.

Mais la mémoire  :

c’est celle qui est refoulée quand le passé est trop douloureux,

c’est celle qui est reconstruite par le témoignage,

c’est celle qui est sujette “l’obsession mémorielle”.

Perdre sa mémoire revient à effacer son histoire. On est seul(e) à détenir son histoire dans son intégralité. Seul(e) à en connaître les failles, à la troubler,  à la rendre illisible, à la fabriquer.

Notre histoire nous appartient et nous en sommes les maîtres. Notre histoire peut être répétée mais elle se perd et perd  à chaque fois un peu de lien avec nous.

Nous sommes notre histoire, nous sommes notre mémoire.

Mais mémoire sans conscience, cela est-il vraiment utile? Se souvenir, avoir une mémoire, c’est avoir une conscience. Conscience de son Histoire et de ses erreurs.

 

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