Catastrophe de Bhopal 1984

“Le colonialisme vert”: l’ère de la nature contre l’Homme et de l’Homme contre-nature?

Dans un article du Monde Afrique en date du 6 janvier 2017 (lien dessous), le WWF, Fonds mondial pour la nature, ONG de protection de la nature, est accusé de “violation des droits de l’Homme” au Cameroun.

 

Catastrophe de Bhopal 1984
Source photo : site Flickr.com – Jean-Pierre Dalbéra

Une plainte a été déposée à cet effet devant l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE).

Le fonds mondial pour la nature (WWF) est mis en cause pour des violences à l’encontre de l’ethnie Baka. Cependant, l’argent de cette dernière participe au budget de fonctionnement des aires protégées au Cameroun.

Il existerait donc un “colonialisme vert”. L’Homme ne serait-il plus le maître et possesseur de la nature comme le soulignait Descartes?

L’Homme contre la nature

 

Le cogito cartésien a conduit l’Homme à s’ériger en “Maître et possesseur de la nature”. Parce que l’Homme a le pouvoir de s’autofonder, de s’autoconstituer, il a arraisonné la nature. La Science et la technique ont conduit a des dérives et des catastrophes. Les conséquences de l’excès de l’industrialisation et du développement économique ont appelé la nécessité d’une “éthique nouvelle” face au progrès.

Cette nécessité verra le jour lors de moment de crise. La première rupture remonte à la première guerre mondiale, la bombe d’Hiroshima. Le 26 avril 1986  à la suite de l’accident nucléaire deTchernobyl, le monde découvrait les limites des frontières face aux accidents technologiques majeurs.

L’Homme a depuis longtemps mis ses intérêts (économiques, politiques, privés) au-dessus de ceux de la nature et ne cesse d’ailleurs de le faire comme le démontre les difficultés d’application de la COP21. C’est l’économie, la politique, le politique… contre la nature, l’Homme contre la nature.

Le tout accentué par la mondialisation et le rapport d’interdépendance au niveau mondial. Un accident technologique majeur entraînant une catastrophe environnementale a de fortes chances de se répercuter à divers endroits du globe.

La nature contre l’Homme

 

Catastrophe provoquée par un Tsunami
Source photo : site Flickr.com – Yisris : Tsunami

 

Face à la peur, la peur de la fin de l’Homme, on va assister à la naissance de “la  civilisation du risque“.

Au-delà de la peur, c’est la réaction des individus et de la société qui soulève des interrogations.

La protection de la nature va conduire à la mise en place de plusieurs solutions. C’est le cas notamment du principe de précaution et du développement durable.

Le principe de précaution apparaît pour la première fois dans les années 1970 et fera l’objet d’une consécration publique au sommet de Rio de 1992.

Principe inspiré du principe de responsabilité de Hans Jonas, philosophe allemand. Le principe de responsabilité implique de dépasser le cadre présent et à prendre en compte les générations futures. Selon Hans Jonas, c’est la peur qui peut provoquer une réaction suffisante afin de limiter l’utilisation du progrès technique. La peur serait bonne conseillère.

Dans le cadre du principe de précaution, il est question de définir “une politique environnementale précautionneuse” qui demanderait “que les ressources naturelles soient protégées et gérées avec soin“.

En France la loi Barnier de 1995 a inscrit la Précaution dans le droit français. Aujourd’hui c’est l’article 5 de la Charte de l’environnement qui encadre le principe de précaution.

Le principe de précaution a ceci de dangereux car comme l’Homme il n’est pas parfait :il repose sur un risque imaginaire.

Comme le souligne Jean de Kervasdoué  dans un ouvrage paru en 2010, “la peur est au-dessus de nos moyens”. Le principe de précaution a pour but premier de permettre à la puissance publique de décider dans les domaines incertains de l’environnement et de la santé. Toutefois, on assiste a un détournement par l’individu. Ce principe est utilisé dans sa dimension la plus subjective (angoisse, stress), et donne à l’individu les moyens de s’opposer à l’État.

Maurice Strong secrétaire général de la conférence des Nations Unies de Stockholm en 1972, puis celle de Rio en 1992 déclara :

“Nous sommes la première génération qui se rend compte que tout est entre nos mains, car c’est la première qui a la possibilité de tout détruire”.

Il y a donc un discours très officiel de protection de la nature qui va être accompagné par des actes et notamment par la mise en place de la notion de développement durable.

C’est en 1987, suite au rapport Brundtland qu’apparaît pour la première fois l’expression “développement durable”. L’objectif est clair, il s’agit de préserver “Notre avenir à tous”.

Le développement durable, est un “mode de développement qui satisfait les besoins du présent en permettant aux générations futures de satisfaire les leurs”. Ce développement induit une conciliation de l’écologie, de l’économie et du social.

“Le colonialisme vert” : l’Homme contre-nature ou la nature humaine à découvert

 

Selon le principe 10 de la Déclaration de Rio :

“La meilleure façon de traiter les questions d’environnement est d’assurer la participation de tous les citoyens concernés, au niveau qui convient.”

Les violences envers des individus vivant dans l’espace protégé n’ont donc pas lieu d’être. Ils doivent donc faire partie de la solution pour la protection de la nature.

Les moyens de protection de l’environnement mis en place, donnent ainsi à l’ Homme, du moins à certains hommes, le moyen de se retourner contre l’être humain au nom de la protection de la nature.

La protection de la nature justifierait-elle la violation des droits de l’Homme? Où sont donc passées les bonnes résolutions du sommet de Rio? Sommes-nous à l’ère du “nouvel ordre écologique” de Luc Ferry? L’arbre, l’animal, l’Homme?

Un nécessaire équilibre entre les droits de la nature et les droits de l’Homme s’impose. L’Homme n’est rien sans la nature certes, mais la protection de la nature n’existerait pas sans l’Homme.

Sommes-nous à la fin de l’exception humaine?

L’Homme serait donc capable d’oublier ses intérêts et donner une primauté à la nature. Mais détrompons-nous. L’Homme contre-nature n’existe pas ou presque, les hommes s’entretuent depuis longtemps. Il y a toujours eu un maître et un esclave. Il y a toujours eu de la violence. C’est le terrain de jeu qui change. Dans ce cas, le terrain de jeu est la nature, l’environnement.

L’Homme reste ainsi maître et possesseur de la nature au sens premier du terme car ce sont ses moyens (argent) qui protègent cette nature! Les intérêts priment avant tout! Les droits de l’Homme semblent être le fait d’un Homme qui veut lutter contre sa nature.

Or, nous sommes tous maîtres et possesseurs de la nature dans l’intérêt de tous et des générations futures, dans le cadre de sa protection.

Dans ce cas comment peut-on construire une vie durable et un monde durable?

      

Lien vers l’article du Monde Afrique du 6 janvier 2017 :

 

    Article du monde en citation dans le tweet ci-dessous:  

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